À 50 ans, le Stéphanois Denis Olivier se définit comme un « serial entrepreneur ». Il est déjà à la tête de Reivilo à l'Horme (négoce de portes d'intérieur), de Jindoli (mobilier de salle de bain) et de Concept Prod (Design et R & D) représentant au total, une vingtaine de salariés (CA non communiqué).
L'idée
L'origine de Meal Canteen est née il y a 25 ans... « J'ai eu l'occasion de visiter le marché de Rungis. J'ai pris un camion en pleine figure... Je me suis vraiment demandé comment autant de nourriture pouvait être extraite de nos terres et de nos mers. Depuis, j'ai toujours eu un rapport particulier avec la nourriture. J'en suis conscient, je suis pénible avec mes enfants... Je veux absolument qu'ils terminent leur assiette. Je ne supporte pas le gaspillage alimentaire ! », reconnaît le chef d'entreprise. Le déclic est apparu, il y a quelques mois, à l'occasion d'un dîner avec une amie chef d'entreprise à Hong-Kong. « J'ai du mal avec les restaurants asiatiques parce que leur système de plateaux tournants avec de la nourriture à volonté prête au gaspillage ». Ensemble ils ont l'idée de développer une application. Denis Olivier crée Meal Canteen en janvier 2016, avec deux fonds d'investissements hongkongais. Capital social : 150 000 euros.
Le projet
Meal Canteen commercialisera, à destination des intervenants de la restauration collective, une application qui permettra de choisir, le soir, son déjeuner du lendemain parmi les plats proposés par le self. En plus de savoir combien il aura de convives le lendemain, le prestataire saura combien préféreront l'oeuf mayo aux carottes râpées en entrée. Une information qui lui évitera de produire en quantité trop importante l'un ou l'autre plat et donc de gaspiller. « L'application offrira aussi un suivi nutritif, très utile pour un contrôle par les parents par exemple, un suivi allergique, un suivi des convictions religieuses pour alerter les consommateurs si besoin », détaille Denis Olivier. L'application permettra aussi de voir si ses collègues ou ses camarades de classe déjeunent à la cantine le lendemain, et, le cas échéant, de leur envoyer une invitation pour qu'ils s'inscrivent. « On estime que 20 % de la nourriture sont gaspillés en restauration collective. Notre système permettra d'y remédier. Les fournisseurs et les consommateurs pourront se partager le fruit de cette économie ». Meal Canteen prélèvera 30 centimes sur chaque repas validé. « Le prix moyen d'un repas tourne autour de 5 euros, il reste encore 70 centimes d'économie grâce à la lutte contre le gaspillage ! ».
Les débuts
L'application est en cours de développement. Elle sera lancée en phase test d'ici quelques semaines. La commercialisation est prévue pour le mois de septembre, via une plateforme web. « Il y a 175 000 cantines scolaires, il est impossible d'aller toutes les voir ». En attendant la commercialisation, Denis Olivier va travailler avec la Cité du Design, à travers un LUPI (Laboratoire des usages et des pratiques innovantes) pour parfaire son produit. Il est soutenu, dans sa démarche, par D2IN, dispositif intégré pour l'innovation et le numérique, à hauteur de 20 000 euros. Ce nouveau fonds d'investissement local est abondé par Saint-Étienne Métropole et l'antenne stéphanoise de BPI France.
Les objectifs
« Ce marché n'existe pas, il est difficile d'estimer notre développement », souligne Denis Olivier. « On connaît le potentiel français : 4 milliards de repas en restauration collective chaque année. À 30 centimes le clic, ça peut vite faire du chiffre ! ». Les yeux dans les étoiles, Denis Olivier reste néanmoins prudent : « notre succès dépendra de la qualité de notre application et de notre rapidité de déploiement en France et en Europe ».