Le nantais MDP (44 salariés) s’apprête à construire une nouvelle usine de 9 000 m² à Saint-Germain-sur-Moine, dans le Choletais. MDP réalise l’aménagement intérieur des véhicules utilitaires : du plancher aux parois de protection, en passant par les casiers en bois ou en métal pour ranger les outils.
Objectif : démarrer les travaux en fin d’année, pour un déménagement prévu à l’été 2018. Le permis de construire vient d’être déposé, suite à l’acquisition d’un terrain de 2,7 hectares auprès de Mauges Communauté.
Implantée à Haute-Goulaine, l’entreprise souhaitait regrouper en un même lieu ses deux ateliers, aujourd’hui distants de 500 mètres. L’emplacement a notamment été retenu pour sa proximité, à une trentaine de kilomètres du site actuel, mais aussi pour son accessibilité et sa visibilité, puisqu'il se trouve au bord de la 2X2 voies Nantes-Cholet.
« Ce projet représente 9 millions d’euros d’investissement, dont 6,5 millions pour le bâtiment et l'achat des terrains », annonce le patron Pascal Dabireau. Le reste de l'enveloppe servira à étoffer le parc de machines. « Nous allons doubler notre chaîne de vernissage de panneaux bois et faire l’acquisition d’un nouveau centre d’usinage numérique », ajoute le dirigeant.
Référencé par Renault, Ford, Opel...
Pascal Dabireau possède en réalité deux sociétés MDP (40 salariés, 13 M€ de CA 2017) et MDP finitions (4 personnes, 1,5 M€ de CA), qui effectue les opérations de vernissage. Le Nantais travaille pour les concessionnaires automobiles d'une multitude de marques, de PSA à Volkswagen et Mercedes, et dans toute la France. Renault, Renault Trucks, Nissan, Ford et Opel, ont même référencé ses produits pour l’Hexagone. Un beau parcours depuis l’équipement de son premier véhicule professionnel - un Renault Express - il y a près de 30 ans.
Self-made man, Pascal Dabireau a débuté sa carrière comme artisan menuisier dans une TPE. Avec son père, il fabriquait des meubles et réalisait des agencements de cuisine. Mais aussi quelques intérieurs de véhicules utilitaires chaque année. En 1990, il cherche une idée innovante pour se démarquer des autres menuisiers. Un tournant. « J’ai fait une étude de marché, en demandant aux concessionnaires s’ils proposaient des kits à leurs clients pour l'aménagement des véhicules. On m’a répondu que non. Chaque client allait voir un artisan dans son coin. J’ai alors décidé de créer une gamme de produits spécifiques »
Des parcs « vieillissants »
Aujourd’hui MDP réalise « 26.000 véhicules par an », dixit le dirigeant. Et surfe actuellement sur une vague de commandes. « Dans notre secteur, à partir du moment où l’économie repart un tout petit peu, on le ressent rapidement. Les entreprises qui voient leurs carnets de commandes s’enrichir investissent dans leurs utilitaires. D’autant plus que depuis 2008, le taux de renouvellement des véhicules restait sur un niveau vraiment faible. Il y a un retard considérable. Les parcs sont aujourd’hui vieillissants.»
Croissance à deux chiffres
Traduction dans les chiffres, cette année le Nantais a engrangé 14,5 millions d'euros de chiffre d'affaires cumulé avec ses deux entreprises (exercice clôturé au 30/06), une progression de 20% par rapport à 2016. Et la vague de commandes se poursuit : « on a encore fait +22% de juillet à octobre », ajoute Pascal Dabireau. Le résultat augmente aussi, même si le dirigeant n’indique pas le chiffre 2017. L’activité globale de MDP a toujours été rentable même pendant la crise, précise-t-il.
Et demain l’international ?
Pour juguler le boom d’activité, l’entreprise envisage de créer cinq à sept postes dans les Mauges. La future usine devrait l’aider à atteindre de nouvelles ambitions. Revendiquant la place de numéro 2 français dans son domaine, Pascal Dabireau rêve aujourd’hui d’export, en s’appuyant toujours sur les réseaux de concessions. Quelques ventes ont déjà eu lieu dans des pays voisins, comme la Belgique, l’Espagne ou l’Italie.