Après le salon lorientais ItechMer, les professionnels bretons de la pêche sont appelés à participer à Halieutis, au Maroc. Pays où la pêche est un des secteurs économiques les plus importants et qui cherche de nouveaux débouchés et de nouveaux partenaires. Notamment en Bretagne.
Une politique ambitieuse
Dans le pays du Roi Mohammed VI, la pêche est un pilier économique. Cette industrie pèse 500.000 emplois, et contribue à faire vivre deux millions de Marocains. Les produits issus de la pêche représentent 54% des exportations de l'industrie agroalimentaire, et 16% des exportations globales réalisées par le Maroc. Grand producteur de pélagique, poisson évoluant en pleine mer mais près des côtes, le Maroc veut à tout prix consolider et dynamiser cette économie. Le Roi développe d'ailleurs une stratégie ambitieuse: augmenter de 163% le PIB issu de la pêche d'ici à 2020, doubler les exportations des produits de la mer et gagner deux points de plus sur sa part de marché mondiale (3,30% aujourd'hui). Présents au salon ItechMer de Lorient, les organisateurs du salon Halieutis d'Agadir espèrent ainsi nouer des contacts et copier des modèles gagnants. «L'Europe est le marché principal de nos exportations», note Zine Abdelfattah, commissaire du salon. «Les accords entre les États ne sont pas la panacée. Nous devons investir directement sur le territoire pour être gagnants économiquement.» La France, qui jusqu'ici s'est montrée distante, devancée par l'Espagne, la Chine et la Corée dont les armateurs sont très présents sur le littoral, a donc une carte à jouer.
En quête de valeurs ajoutées
Professionnels de la pêche, industriels de la transformation, de la valorisation de coproduits ont toute latitude pour développer des affaires au Maroc. Par le biais de transferts de technologies ou de développements de filiales. En effet, le plus grand producteur de sardines au monde, avec 600.000 tonnes par an (contre 20.000 tonnes pour la France), cherche à trouver de nouvelles niches permettant de créer davantage de valeur ajoutée. «240.000 à 300.000 tonnes de sardines partent en farine à poisson. Quel gâchis! Ce produit manque de noblesse au Maroc», commente Zine Abdelfattah. D'autant que Agadir possède désormais son parc d'activités dédié à l'activité de la pêche. 150 hectares y sont consacrés. Les organisateurs du salon Halieutis, qui se déroulera du 1er au 5février 2012, espèrent séduire de nouveaux professionnels. Et leur donner l'envie d'installer, sur cet Haliopôle, des industries porteuses de valeur ajoutée. Aujourd'hui, le Maroc est présent seulement sur trois segments de marchés: la congélation, la conserverie et le fumage du poisson. «Nous cherchons à faire venir des entreprises qui valorisent le poisson. Des transformateurs, des industriels qui souhaitent innover, créer de nouveaux produits», ajoute Zine Abdelfattah. «Nous pouvons apporter toute la logistique nécessaire», conclut-il.
www.salon-halieutis.com
International Le Maroc investit massivement dans le développement de sa filière pêche. Et cherche à créer, avec la Bretagne, un business modèle.