Marchés publics : La "démat" fait son chemin
# Conjoncture

Marchés publics : La "démat" fait son chemin

La conjoncture - et les incitations de l'État - poussent les entreprises à s'intéresser de nouveau aux marchés publics. Reste que beaucoup d'entre elles n'ont pas encore intégré un paramètre : les collectivités leur demandent de plus en plus de répondre par voie dématérialisée. La "démat", comme on l'appelle familièrement : la majorité des sociétés n'y est pas préparée. En Bretagne, la plate-forme e-mégalis a toutefois été faite pour leur faciliter le travail. Une journée d'informations, en partenariat avec Le Journal des Entreprises, se tiendra à Rennes le 11 mai. Philippe Créhange

Répondre par voie électronique à un avis de marché public, c'est de plus en plus simple. Et cela devient même une habitude pour certaines entreprises. En Bretagne en particulier avec la mise en place sur internet, il y a maintenant deux ans, d'une salle régionale des marchés publics où collectivités mettent en ligne leurs avis et entreprises téléchargent les dossiers de consultation et y répondent. Depuis juin2007, sur le site e-megalisbretagne.org, ce sont ainsi plus de 4.000 marchés qui ont été publiés par plus d'un millier d'entités publiques régionales. De quoi satisfaire la Région qui, à travers sa politique publique, oeuvre à la promotion de l'e-administration.




«La peur du bug»

Côté entreprises, elles sont plus de 8.000 à avoir utilisé la plate-forme. Et au total, ce sont près de 60.000 dossiers de consultations de marchés publics qui ont été téléchargés. Un bon résultat, certes, mais qui n'est pas suffisant. Car si les entreprises sont toujours plus nombreuses à demander des dossiers par voie électronique - ce qui génère des économies pour les collectivités - elles sont encore trop peu à y répondre via le web. Au niveau régional, près de 85% des sociétés répondent ainsi aux appels d'offres par voie... papier! À Rennes, par exemple, qui représente un tiers des avis publiés sur e-mégalis, les services de la ville reçoivent seulement 70 réponses électroniques pour 1.700 dossiers papier par an. «Les entreprises ont d'abord une crainte: la peur du bug. Et puis je pense qu'il y a aussi un problème d'organisation pour certaines d'entre elles. Aujourd'hui, on a toujours des plis qui arrivent hors délai. Cela signifie qu'ils ne sont pas dépouillés», tente d'expliquer Bernard Tual, responsable du service des marchés publics à la Ville de Rennes. Ce que confirme Chrystèle Lelu, assistante commerciale chez Launair Biotechnologies, une TPE de Chantepie. «Quand on a fait une formation à la CCI il y a un an, il y a des gens qui se posaient beaucoup de questions, explique la jeune femme. Ils se demandaient s'ils pouvaient appeler les collectivités sans craindre d'être discrédités avant même d'avoir répondu à l'appel d'offres. Il y a une barrière entre le public et le privé. La peur de ne pas se comprendre.»




Séances de formation

Face à ce défi, Mégalis Bretagne organise depuis plusieurs mois des séances de formation. «On a conçu une méthodologie d'accompagnement des entreprises avec la signature de conventions de partenariats avec la Fédération française du bâtiment, la CRCI... Objectif: informer, sensibiliser et former», explique Céline Faivre, directrice de Mégalis Bretagne. Et depuis janvier2008, ce sont environ 1.000 entreprises bretonnes qui ont été formées. «Notre but c'est de montrer que oui cela peut paraître compliqué, mais il faut démystifier les choses. Il n'est pas question d'expliquer de long en large le code des marchés publics, mais de montrer ce qui est le plus important pour les entreprises dans le cahier des charges, souligne Céline Faivre.On explique aussi que notre outil facilite forcément le travail des entreprises, en terme de veille notamment.»

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