Marchegay : Comment la PME s'est sauvée de la faillite en 24h chrono
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Marchegay : Comment la PME s'est sauvée de la faillite en 24h chrono

BÂTIMENT Fabricant de verrières à Luçon, Marchegay a été repris par son dirigeant, Franck Champain, jusqu'ici actionnaire minoritaire. Il repart avec 75 des 105 salariés. Pour relancer la trésorerie une souscription de 400.000 ? a été bouclée... En 12 heures, grâce à des patrons locaux et nationaux. Récit.

Soulagé. C'est avec le sourire que le président de Marchegay Technologies, Franck Champain, arrive dans la salle d'audience du tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon, aux côtés de représentants du personnel, ce jeudi 29 octobre. Placé en redressement en juillet, le fabricant de serres et de verrières basé à Luçon (105 salariés), risquait la liquidation judiciaire.




75 salariés repris

Portée par Franck Champain, une nouvelle société baptisée M Tech reprend 75 des 105 salariés et la quasi-totalité des actifs. Le tour de table inclut cinq cadres de l'ancienne et de la nouvelle entreprise, ainsi qu'Océan Participations (à hauteur de 30 %), une filiale du Crédit Mutuel Océan. Dotée d'un million d'euros de fonds propres, M Tech prendra bientôt possession des murs de l'usine, de la marque, des contrats et des stocks. Ce qui restera de Marchegay, détenue jusqu'ici majoritairement par le fonds Argos Soditic, sera liquidé. Unique proposition de reprise, l'offre de Franck Champain avait été mise en suspens la semaine dernière.




Situation débloquée 24 h chrono avant l'audience

La situation aura finalement été débloquée lors des dernières 24 heures. Nerf de la guerre, le plan de financement restait à boucler. « Sur les 2,2 millions d'euros prévus, il manquait une ligne de 600.000 euros, liée à des cessions de créances, que devait prendre en charge Bpifrance, explique Franck Champain. Cette dernière a fini par s'engager la veille de l'audience. » Qui dit recréer une entreprise, dont le chiffre d'affaires s'élève à un million d'euros par mois, dit aussi besoin gros besoins en trésorerie au démarrage... « Il nous fallait une avance de trésorerie de 400.000 euros sur deux mois, mais cette fois la Bpi n'a pas pu nous suivre, notamment parce qu'elle ne disposait pas des outils juridiques requis pour l'opération. »




« Ailleurs qu'en Vendée, on trouve ça fou »

Pressé par le temps, l'entrepreneur décide de lancer « une souscription » à 24 h de l'audience, pour une avance remboursable sur trois mois. « Entre hier midi et hier soir, on a récolté l'ensemble des 400.000 euros ! Grâce à 32 partenaires, qui se sont engagés pour des montants allant de 1.000 à 150.000 euros », raconte le Vendéen. « Mon avocat m'a dit : n'importe où ailleurs qu'en Vendée ce serait fou... », s'amuse Franck Champain.

À l'origine l'idée a germé chez le maire de Luçon, Pierre-Guy Perrier. « Les membres de l'association Pays de Luçon Entreprises ont emboîté le pas. Très vite l'information s'est propagée à travers réseaux locaux : Réseau Entreprendre, APM... ». Le téléphone sonne rapidement. « Hier après-midi, on a assuré la hotline... »




« Par pure solidarité »

Mercredi 28 octobre,

une fois l'opération bouclée, une vingtaine de donateurs ont convergé vers l'usine de Luçon, pour partager un verre convivial. « Ce qui ressortait de la conversation c'est qu'ils n'ont pas investi par intérêt financier. Le propos était plutôt : demain ce sera peut-être à notre tour d'avoir besoin de toi, il faut s'entraider. Il n'y a pas de plus belle définition de la solidarité », raconte Franck Champain.






Soutenus par Xavier Niel Anecdote peu banale, pour appuyer encore davantage son dossier devant les magistrats, l'entreprise a déposé des lettres de soutien de Bouygues construction et même de Xavier Niel, l'incontournable patron de Free. Depuis quelques mois, Marchegay travaille sur le nouvel
incubateur de start-up, lancé par ce dernier Halle Freyssinet à Paris, un ensemble de 6.000 m²
. Quant à Bouygues, MTech doit débuter en février la Cité musicale de l'Île Seguin (Boulogne-Bil
lancourt), une sphère de 4.000 m². Bout à bout, les deux projets représentent 10 millions d'euros de contr
at.


Carnet de commandes plein

« C'est là tout le paradoxe, notre carnet de commandes est plein pour toute l'année 2016 », rappelle le dirigeant.
Reste que, en attendant que la machine redémarre, 30 personnes s'apprêtent à perdre leur emploi, avec la liquidation de ce qui restera de Marchegay Technologies.


Chute du photovoltaïque et du marché des jardineries


En cause, la chute du marché photovoltaïque, qui a pesé jusqu'à 35 millions d'euros de chiffre d'affaires sur 54 millions en 2010. À l'époque, l'entreprise emploie 150 personnes. Quant à la fabrication de jardineries commerciales (de type Truffaut, Jard



iland, Gamme Vert), ce marché « aété diviés par trois depuis 2008 ».

Plus que jamais, l'entreprise a les yeux rivés vers les verrières, aujourd'hui sa principale activité, et leurs atouts « esthétiques et énergétiques ». « Le segment de la verrière a continué de

croître malgré la crise du bâtiment. Et quand le bâtiment repartira, il va croître encore plus fort », assure Patrick Champain.





Florent Godard

Marchegay



(Luçon) Président : Franck Champain 105 salariés 02 51 56 10 40 www.marchegay.com

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