«L'aventure Manuloc, c'est une succession de rachats de distributeurs de marques différentes», présente Matthieu Barthélémy, vice-président de la société, premier distributeur indépendant et leader des sociétés de services de manutention en France. Dernier rachat en date, celui du groupe Amonite, en 2010, premier distributeur de la marque Hyster en France. Amonite est composé de deux sociétés: Philippe Manutention et ASE qui couvrent respectivement le Nord et le Sud-Est de la France. «Cette acquisition répond à une stratégie de densification», souligne Matthieu Barthélémy. Le fils de l'actuelle P-dg, Catherine Barthélémy, ancien trader, est entré dans la société il y a 10 ans «au moment où Manuloc est devenue une acteur national, parce que le projet d'entreprise était passionnant». Pendant plus de 15 ans, jusqu'en 2001, l'entreprise se développe, en intégrant des sociétés tous les 2 ans, pour passer de «petit régional local à grand régional.» Résultat : en 2001, Manuloc est présente sur un grand quart Nord-Est mais a besoin d'une offre nationale pour répondre aux clients. Le groupe rachète alors France Manutention Services, ses filiales gérant les achats de chariots au niveau national et l'approvisionnement de machines françaises ou étrangères. «Nous avons doublé notre CA», précise le vice-président.
PC de crise
«En 2008, on a vu nos clients se délocaliser et devenir internationaux. Ils nous demandaient d'intervenir à l'étranger.» Qu'à cela ne tienne, Manuloc crée une filiale en Roumanie, où elle maintient notamment 400 machines dans les usines Dacia (groupe Renault, NDLR). Mais 2008, c'est aussi l'année de la crise. Et la crise, Manuloc a su plutôt bien la gérer. «Dès octobre2008, j'ai animé un PC de crise chaque semaine. Cela nous a permis d'avoir une très bonne lecture du marché. On a stoppé les embauches, analysé les problématiques et fait évoluer notre offre en développant des contrats innovants.» Baptisées Manuloc Solution, €conoman ou Optiloc, ces prestations ont vocation à répondre au mieux aux préoccupations et problématiques majeures des clients. La première s'appuie sur la capacité financière de la société qui propose aux entreprises de leur racheter leurs matériels leur permettant de dégager du cash, puis de leur relouer ces matériels. «Avec €conoman, nous proposons à nos clients d'expertiser leurs machines et de les remettre en état pendant qu'elles tournent moins.» Enfin, Optiloc ajuste automatiquement la durée du contrat à l'utilisation réelle du matériel.
L'innovation de la location
Déjà à l'époque, François Verpilleux, fondateur de Sermat et père de Catherine Barthélémy s'est montré visionnaire. «À l'origine, la société distribuait des chariots Clark. Invité aux États-Unis par son fournisseur, il découvre la location. À son retour, il lance son premier contrat avec un client qu'on a toujours. C'est la genèse de Manuloc.» Aujourd'hui, Manuloc est propriétaire d'un parc de 16.000 véhicules et intervient en prestations sur 12.000véhicules supplémentaires. Depuis la reprise de la société, Catherine Barthélémy a su s'imposer dans un milieu plutôt masculin. «C'est une grande gestionnaire, une femme charismatique, d'une grande rigueur et intégrité, loue son fils. Sans la regarder avec un regard filial, je pense que les gens du métier ont du respect pour une femme qui réussit.» Et la reconnaissance n'est pas feinte. Catherine Barthélemy a été vice-présidente pendant six ans puis présidente de la Fédération nationale de la distribution, location et réparation de matériel de manutention de 2000 à 2004. Elle est, par ailleurs, conseillère à la Banque de France depuis 1998 et a reçu le Prix du Manager de l'année (région Lorraine) du Nouvel Économiste en 2005 et le Prix de l'Entrepreneur de l'année région Est en 2007 organisé par le Magazine l'Entreprise et le Cabinet Ernst & Young.
Devenir le 1er loueur européen
Forte de 45 implantations en France et de 300 marques sourcées, Manuloc ne compte pour autant pas en rester là.
«Nous sommes déjà un acteur très important, mais nous allons poursuivre notre développement en France. Il nous reste 1/3 du territoire à conquérir. On fait toujours du développement interne et il y a encore des acquisitions à faire. Notre ambition est de devenir le premier loueur européen.»
Manuloc
(Woippy)
Effectif: 1.200 personnes dont 700 techniciens CA: 300M€ en 2010 Investissement: environ 53M€, dont 85% en matériel (2.000 machines/an)