De taille modeste, mais aux ambitions vastes : le chinois Taihai, qui réalise 80 M€ de chiffre d'affaires et compte 1.000 salariés, a pu garantir 50 M€ en investissement dans le groupe métallurgique français Manoir Industries. Une façon de sceller la reprise d'une société qui emploie 1.700 personnes et réalise 220 M€ de chiffre d'affaires. « Depuis 10 ans, Manoir Industries est passée de main en main. Les Chinois sont pressés mais veulent travailler sur le long terme », détaille Philippe Bello, le président de Manoir Petrochem & Nuclear, une des trois divisions de Manoir Industries.
Pièces stratégiques
Le dernier actionnaire de Manoir, le fonds d'investissement américain Sun Capital, a injecté 19 M€ depuis 2007 dans la branche aéronautique, réussissant à la faire repasser dans le vert. En raison de la nature de certains produits de Manoir, notamment dans le nucléaire ou la défense, la société devait obtenir des autorisations administratives pour conclure la vente, initiée depuis octobre 2012 : c'est le ministère des Transports qui s'est fait tirer l'oreille pour donner le feu vert. Dans l'usine d'Outreau sont en effet fabriquées des pièces destinées au réseau ferré à grande vitesse, jugées « stratégiques ». L'autorisation gouvernementale est arrivée le 7 décembre, la cession définitive des divisions Petrochem & Nuclear et Specialties est prévue pour le 28 février, une fois les procédures administratives terminées. En Lorraine, les deux sites Manoir appartiennent à la branche « Specialties ». Tous deux ont fait l'objet d'une réorganisation juridique pour devenir des sociétés par actions simplifiées à associé unique, appelées Manoir Bouzonville et Manoir Custines. Spécialisé dans les pièces de grande taille, le site de Bouzonville réalise 75 % de son chiffre d'affaires à l'export. À Custines, l'atelier de « forge libre » permet de produire des pièces pesant jusqu'à 10 tonnes.
MÉTALLURGIE Le groupe français Manoir Industries, qui compte deux sites en Lorraine, sera cédé définitivement le 28 février.