Alsace
L’UIMM Alsace toujours mobilisée contre le R-Pass
Alsace # Industrie # Fiscalité

L’UIMM Alsace toujours mobilisée contre le R-Pass

S'abonner

Lors de sa dernière assemblée générale, l’UIMM Alsace a fustigé la future écotaxe alsacienne poids lourds, baptisée R-Pass, qui doit entrer en vigueur début 2027 dans l’optique de réduire le trafic international de transit. "Un mauvais impôt qui n’atteindra pas sa cible", d’après Fabrice Urban, son président.

Le bureau de l’UIMM Alsace regrette la future instauration du R-Pass — Photo : Fabrice Voné

On pensait le sujet plus ou moins clos depuis que son principe a été voté à l’unanimité par les élus de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) en octobre 2024. Huit mois plus tard, le R-Pass, du nom de l’écotaxe poids lourds qui entrera en vigueur début 2027 dans l’optique de réduire le trafic international de transit de plus en plus croissant sur les axes autoroutiers alsaciens, continue de faire débat auprès des acteurs locaux du monde économique.

"D’un côté on veut réindustrialiser le pays et, dans notre coin, on s’invente un nouvel impôt de production"

Le dossier est ainsi remonté à la surface lors de l’assemblée générale de l’UIMM Alsace qui s’est récemment tenue à Molsheim (Bas-Rhin), au siège français du groupe chimique et pharmaceutique allemand Merck. Pour Fabrice Urban, président de l’UIMM Alsace et PDG du groupe Quiri & Cie, fabricant d’équipements hydrauliques et pneumatiques implanté à Duttlenheim (Bas-Rhin), le R-Pass illustre un exemple de la "schizophrénie actuelle". "D’un côté on veut réindustrialiser le pays et, dans notre coin, on s’invente un nouvel impôt de production qui n’existait pas", déplore-t-il. "Tout le monde sait qu’il ne servira à rien par rapport à son objectif qui est de diminuer le trafic de transit alors qu’il va surtout peser sur les finances des entreprises locales".

Les entreprises alsaciennes dans l’attente d’éventuelles compensations

Adopté à l’automne dernier, le principe du R-Pass fait actuellement l’objet de multiples réunions sous l’égide de la collectivité, née en 2021, de la fusion des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin en vue de définir son application et d’éventuelles compensations pour les acteurs locaux. "Nous avons pris acte de la volonté de la CeA de compenser le surcoût de cette taxe pour nos entreprises mais nous n’avons rien obtenu de concret pour le moment", regrette le président de l’UIMM Alsace sans occulter le différentiel politique entre la CeA, en charge des infrastructures routières en Alsace, et la Région Grand Est, compétente sur le volet économique. "Ce nouvel impôt de production n’atteindra pas sa cible et pénalisera les gens qui ont l’idée saugrenue de fabriquer en Alsace et d’employer des Alsaciens", ironise Fabrice Urban.

L’écosystème alsacien entre attentisme et incertitudes

Si le futur R-Pass "risque d’affaiblir l’écosystème alsacien pour pas grand-chose", le dirigeant l’ajoute à "un contexte national et géopolitique tourmenté" en proie à "l’incertitude et l’attentisme". La menace de guerre commerciale décrétée par Donald Trump n’y étant pas totalement étrangères. "C’est une redistribution des cartes. On a sans doute acté la fin d’un modèle mondialisé. Il y aura sans doute des gagnants et des perdants", estime Patrick Reimeringer, vice-président de l’UIMM Alsace et DG du site français de production du fabricant allemand de systèmes de mesure, de contrôle et de régulation de liquides et gaz Burkert, établi à Triembach-au-Val (Bas-Rhin).

La montée en compétences, mère des batailles de l’UIMM Alsace

Si, en Alsace, le secteur de l’industrie résiste plus ou moins bien en fonction des secteurs d’activité — "la catastrophe annoncée ne s’est pas produite mais la météo reste orageuse" dixit Fabrice Urban -, l’UIMM Alsace s’arc-boute sur ses fondamentaux. "Chez nous, on pense que la mère des batailles, c’est celle des compétences", précise-t-il. Pour preuve, la fédération patronale entreprend actuellement une vaste rénovation de ses quatre centres de formation sur le territoire alsacien afin de susciter les vocations pour les multiples métiers, plus ou moins techniques, dont regorge l’industrie.

Alsace # Industrie # Fiscalité # Syndicats patronaux # Collectivités territoriales # Organisations professionnelles # Politique économique