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uelles relations le cluster Water Sensors and Membranes, né à Toulouse, entretient-il avec le Pôle Eau, qui est ancré à Montpellier ?
Notre association, qui regroupe une vingtaine d'adhérents autour de l'eau, des capteurs et des membranes (entreprises et laboratoires ou écoles d'Aix-en-Provence à Agen) est partenaire du Pôle Eau. Je suis moi-même membre du bureau de ce pôle de compétitivité. Nous nous soutenons mutuellement : nous mettons à disposition du pôle des moyens, notamment du temps de la part de notre animatrice Mylène Desmonts pour aider le chargé d'affaires sur l'ex Midi-Pyrénées à promouvoir le pôle et gérer les demandes d'adhésion.
Quel rôle WSM a-t-il joué dans le salon Hydrogaïa ?
Nous sommes très forts dans la thématique du traitement de l'eau, et nous estimons que l'international est crucial pour notre secteur. Il faut aller chercher la croissance ailleurs qu'en France. Nous sommes l'un des parrains du label Marque France Team, créé il y a un an et demi, que l'on veut faire connaître dans le monde. Ce label a un triple objectif pour les entreprises de la filière eau : collaborer sur des actions communes de développement international, favoriser l'accompagnement à l'export grâce à une offre intégrée et améliorer la visibilité à l'international. Nous essayons d'ailleurs de convaincre les deux autres Pôles Eau français d'utiliser cette marque.
Comment les entreprises de la filière se positionnent-elles par rapport à l'international ?
Les entreprises, mais aussi les universitaires, ne capitalisent pas assez sur la très forte réputation française en la matière dans le monde. Pourtant, quand vous êtes ingénieur français expert en eau, on vous écoute à l'étranger.
Le cluster WSM met-elle en oeuvre des actions en ce sens ?
Oui, nous avons lancé les WSM Tours. Nous invitons les hommes-clés qui font la pluie et le beau temps dans les technologies de l'eau, à visiter nos entreprises. Ces dernières peuvent ainsi faire connaître leurs technologies auprès de ces experts mondiaux. Polymem, par exemple, qui réalise 40 à 60 % de son chiffre d'affaires à l'export, surtout aux Etats-Unis, est cité par ces experts dans la liste des dix premières entreprises dans le monde sur l'ultrafiltration sur membranes.
Le salon international Hydrogaïa permet-il d'attirer ces experts mondiaux incournables ?
Bien sûr ! Nous y attirons des clients, des prescripteurs et des investisseurs. Dans le secteur de l'eau, il faut pouvoir financer nos nouvelles technologies, et il faut que le processus soit dès le départ dans une vision internationale. La France sait bien financer les start-up mais sur le développement commercial, les investisseurs que l'on trouve ne sont plus français...
Quels sont les projets du Pôle Eau sur cette problématique du financement ?
Il souhaite justement créer un fonds d'investissement dédié à l'eau, avec de nombreux acteurs internationaux, ainsi que Bpifrance. Le pôle veut également signer des partenariats avec des clusters dans d'autres pays, comme ceux de Singapour et de Milhawckee aux Etats-Unis, ou encore avec le British Council. Tous les investisseurs tournent autour de ces hubs pour dénicher les technologies prometteuses, on aurait ainsi accès à l'oreille de ces gens-là.
La croissance du marché de l'eau est-elle assurée ?
Contrairement au secteur des TIC qui connaît une croissance très rapide, celle du secteur de l'eau est très lente mais par contre, très pérenne. Car la problématique du traitement de l'eau va augmenter en parallèle de l'accroissement de la population et des changements climatiques. Le taux de croissance est de 2 % à 20 % (10 à 15 % dans le secteur des membranes par exemple).
Alors que le Salon International de l'Eau HydroGaïa s'est tenu à Montpellier les 25 et 26 mai, Jean-Michel Espenan, président du cluster WSM et de la société Polymem (40 salariés, 3,5 M€ de CA) dévoile les forts enjeux à l'international de la filière eau.