Le « Pacte 2020 » imaginé par la direction de l’usine Smart, à Hambach, est devenu concret : depuis le 1er octobre, opérateurs de production et caristes travaillent 39 heures payées 37. En septembre 2015, les 800 salariés de l’usine, filiale du groupe automobile Daimler étaient appelés à se prononcer pour ou contre le « Pacte 2020 », prévoyant d’augmenter progressivement le temps de travail pour atteindre 39 heures avant de redescendre à 35 heures en 2020. Le « oui » l’avait emporté à 56 %.
Chantage à l’emploi
Mais les syndicats avaient joué leur va-tout avec leur « droit d’opposition » : la direction a alors préféré faire signer des avenants individuels, tout en faisant planer une menace brutale : si 75 % des avenants ne revenaient pas signés, la production pourrait être délocalisée en Slovénie. Aujourd’hui, 95 % des salariés ont signé et la mécanique du « Pacte 2020 » est enclenchée. L’enjeu est de permettre au site de retrouver de la compétitivité en faisant baisser le coût du travail de 6 %.
Remontée, la CGT vient de demander qu’une « expertise économique soit menée sur le site d’Hambach ». Dans un communiqué, le syndicat pointe un paradoxe : si le temps de travail dans l’usine d’Hambach va augmenter, la production est en baisse. En 2016, 90.000 véhicules sont sortis des chaînes de montage. Au lancement du modèle Smart ForTwo, les prévisions tablaient sur 120.000 véhicules. L’engouement du consommateur n’y est pas : très originale à son lancement, la Smart s’est banalisée et n’a pas su réagir à l’arrivée de la concurrence sur ce segment très particulier des mini-citadines. Mais la marque du groupe Daimler n’est pas restée les bras croisés : lors du Mondial de l’automobile à Paris, le constructeur a annoncé que l’ensemble de la gamme Smart allait être décliné en version électrique : la ForTwo, la ForTwo Cabrio mais aussi la ForFour.
Le moteur de la Zoé
Ces modèles seront disponibles dès le printemps prochain sur le marché français et devront permettre de combler le retard pris par le groupe allemand sur un modèle comme la Zoé, de Renault. Suivant les accords mettant en place un partenariat technique entre Daimler et Renault-Nissan, le moteur électrique qui propulsera les Smart sera justement celui de la Zoé, fabriqué à Cléon, en France. Couple important, vitesse unique et récupération d’énergie, la nouvelle ForTwo avance de solides arguments pour séduire un conducteur urbain qui a l’embarras du choix pour prendre le volant d’une citadine électrique. Smart annonce des niveaux d’autonomie autour de 150 km pour tous ces modèles. Loin des 400 km revendiqués par Renault mais l’Allemand veut faire jouer un autre avantage : la rapidité de recharge. Il sera possible de recharger la nouvelle Smart en 2h30 voire même 45 minutes sur du triphasé. Le constructeur allemand veut doper ses ventes rapidement et estime que la gamme Electric DRrive représentera 25 % du total des ventes.
Les ouvriers de Smart, à Hambach, sont passés au 39 heures payées 37. La marque du groupe Daimler veut se relancer grâce à une gamme 100% électrique.