Lorraine : Resolest a recyclé un million de tonnes de saumure

Lorraine : Resolest a recyclé un million de tonnes de saumure

Basée à Rosières-aux-Salines, Resolest valorise les résidus salins issus du traitement des fumées industrielles.

« Depuis la mise en production, en 2003, nous avons recyclé unmillion de tonnes de saumure », affirme Jean-Michel Frada, le directeur de Resolest. « C’est autant de matière qui n’a pas été tirée du sol. »

Représentant un investissement global de 12M€, l’outil industriel exploité par Resolest n’a pas d’équivalent en Europe : précurseur dans l’économie circulaire, l’entreprise bénéficie d’un contexte réglementaire favorable pour assurer sa croissance, même si les « cycles de décision dans cette matière sont plutôt longs », détaille Jean-Michel Frada. En effet, pour pouvoir recycler les fumées, il faut au préalable qu’elles soient traitées selon le procédé Solvair, mis au point par le groupe Solvay : « Ce sont donc des investissements très lourds. »

Resolest, basée sur la ZAC des Sables, à Rosières-aux-Salines, exploite un procédé de traitement mis au point par le centre de recherche de Solvay dans les années 90 et consistant à valoriser les résidus salins des fumées industrielles : « Le taux de valorisation peut être supérieur à 90 % », précise Jean-Michel Frada. Le procédé concerne les fumées traitées grâce au bicarbonate : les résidus, livrés par camion, sont d’abord mis en solution avant d’être soumis à un traitement physico-chimique et d’être filtrés. Sort un résidu ultime et de la saumure, qu’il faut encore faire passer par des filtres à sable, à charbon puis dans une résine pour obtenir une saumure parfaitement épurée.


Deux partenaires industriels

« La saumure est expédiée par un pipeline de 4km de long, vers la soudière de Dombasle où elle est réutilisée dans le procédé Solvay pour produire du bicarbonate. Les résidus ultimes sont expédiés vers Jeandelaincourt, dans le centre de stockage de Suez », précise Jean-Michel Frada. Les deux acteurs industriels que sont Solvay et Suez qui sont aussi tous les deux actionnaires à 50 % de Resolest. Depuis 2005 et la réglementation européenne obligeant les incinérateurs de déchets ménagers à traiter leurs fumées, les collectivités sont naturellement des clients pour Resolest. Dans le monde industriel, qui ne pèse que 10 % des résidus traités par Resolest, l’échéance réglementaire a été fixée à 2016. « Notre activité est effectivement en croissance », détaille Jean-Michel Frada. L’objectif pour Resolest est donc de rester compétitif face à la solution consistant à incinérer les résidus. « Nous avons déjà commencé à travailler avec les pays limitrophes au territoire français. En effet, notre procédé est unique en Europe », souligne Jean-Michel Frada. Resolest est référencée en Suisse, travaille avec le Sictom de Paris ou encore la Ville de Bruxelles. « Il est possible de continuer à trouver des clients, mais il faut pouvoir injecter la saumure quelque part », insiste Jean-Michel Frada. Et pour l’instant, le seul débouché, c’est Solvay et sa production de bicarbonate. Dimensionné pour traiter jusqu’à 65.000 tonnes par an de résidus, le site Resolest de Rosières-aux-Saline recyle en moyenne 50.000 tonnes par an.




Resolest (Rosières-aux-Salines - 54) : Dirigeant : Jean-Michel Frada ; CA : 6,4 M€ ; Effectif : 25 ; Contact : www.resolest.fr.