Lorraine : Evatec crée une filiale au Québec

Lorraine : Evatec crée une filiale au Québec

Déjà présent sur le marché québécois, Pascal Jullière, le dirigeant d’Evatec, a décidé de franchir une étape en créant une filiale.

Spécialisée dans la conception et la fabrication d’outils coupants pour l’industrie, le groupe Evatec (100 salariés) opérait déjà depuis une dizaine d’années au Québec. Son dirigeant, Pascal Jullière, a décidé d’aller plus loin sur ce marché. « Nous réalisons 23 % de notre chiffre d’affaires pour l’aéronautique et 18 % dans l’automobile. L’export représente entre 23 et 25 % de notre CA. Nous sommes entrés sur le marché québécois grâce à des produits innovants, qui ont séduit un grand groupe. Progressivement, nous avons tissé notre toile au Québec en passant par un distributeur, mais progressivement, le chiffre diminuait. Nos produits ne sont pas vraiment compatibles avec la manière de travailler d’un distributeur, il faut des compétences techniques pointues pour servir les clients.


« Les rendez-vous vont très vite »
L’année dernière, lors d’une mission menée par CCI Internationale, j’ai fait la connaissance d’avocats locaux et je me suis décidé à reprendre les choses en main. Tout est allé très vite : la mission s’est déroulée en septembre, je suis retourné à Montréal en décembre pour ouvrir la filiale en mars dernier. Entre-temps, grâce à la CCI française au Canada qui a mis en place un système de portage salarial, j’ai embauché un local qui a pu être opérationnel dès le 1erfévrier. Notre filiale, Outils Evatec Inc. est basée à Montréal et nous avons aussi un bureau à Saguenay, là où est basé notre client historique. Il me semblait important d’embaucher un local, parce que leur culture des affaires est très différente de la nôtre : ils sont très directs, les rendez-vous vont très vite, il faut aller droit au but. Evidemment, ils parlent français, mais il faut rester humble et modeste et plutôt les considérer comme des Américains qui parlent notre langue. D’ailleurs, il faut tout de même maîtriser l’anglais, car dès que le sujet devient technique, leurs mots sont anglais.
Quand j’ai repris les choses en main, le chiffre réalisé là-bas était tombé à 200.000 €. Le démarrage est très encourageant et je pense que sur trois ans, nous parviendrons à réaliser 1M¤ au Québec. Les rendez-vous se passent bien, nos interlocuteurs sont toujours très intéressés. Mais le fait d’être à 6.000km peut les effrayer, donc la filiale est aussi là pour les rassurer. Avant, j’y allais une à deux fois par an : désormais, il faudrait que je me déplace 3 à 4 fois par an. C’est un beau challenge, mais il ne faut pas y aller seul. En tant que chef d’entreprise, nous pouvons être entourés de structures qui facilitent les choses, que ce soit le réseau des CCI, Bpi France ou encore la Coface. Au final, j’ai rassemblé 225.000 ¤ pour lancer la filiale et avance sur le sujet. Au mois de novembre, je vais profiter d’une mission organisée par CCI Internationale pour retourner au Québec. »

Evatec (Thionville - 57) : CA : 10 M€ ; Effectif : 100 ;
www.evatec-tools.com.