Il aurait pu vendre l'entreprise familiale, créée en 1928 par son grand-père, à un groupe chinois ou allemand. Mais, à 65 ans, Gérard Allio a préféré la céder à une PME de sa région. « C'est important pour le développement du territoire », juge le dirigeant nantais.
Guillaume Allio à Paris et en Roumanie
Employant une centaine de personnes et fabriquant des outillages pour l'aéronautique et l'automobile, l'usine nantaise d'Allio, située à Malville, est désormais entre les mains de Marc Moret, P-dg de Loiretech. Celui-ci fabrique également des outillages, au sein d'une structure deux fois plus petite. Loiretech emploie en effet 50 salariés à Mauves-sur-Loire et à Montréal, au Canada. Les activités parisiennes du groupe Allio (réalisation de maquettes et de prototypes pour l'automobile) et l'usine Roumaine (fabrication de petits outillages) ne rejoignent pas Loiretech. Elles demeurent dans le giron familial. Regroupant une centaine de salariés, elles sont pilotées par Guillaume Allio, fils du cédant.
Deux fabricants très peu concurrents
Allio et Loiretech sont très complémentaires. « Nos activités ne se recouvrent qu'à 8 % », indique Gérard Allio. Et ce, même si les deux fabricants d'outillages nantais travaillent sur les mêmes marchés : l'aéronautique (60 % pour Allio, 75 % pour Loiretech) et l'automobile. Mais quand les outillages d'Allio servent à fabriquer des pièces métalliques, ceux de sa consoeur permettent de produire des ensembles et des moules en composites. Loiretech réalise ainsi des outillages de 14 mètres permettant de fabriquer les poutres de caisson central de voilure de l'A350. Marc Moret est désormais à la tête d'une entreprise de 150 salariés, qui réalise environ 18 millions d'euros de chiffre d'affaires, et qui est rentable. Pour le dirigeant nantais, cette acquisition répond à une logique de marché. « Nos clients, les constructeurs aéronautiques, nous sollicitent, pour des outillages métalliques », explique-t-il.
Des investisseurs au capital
Pour boucler le rachat des activités nantaises d'Allio, Loiretech a fait entrer deux investisseurs à son capital : la société de gestion Ace Management, via son fonds spécialisé dans l'aéronautique Aerofund, et le fonds de capital-investissement Idée, porté par le conseil régional des Pays de la Loire. Ces deux structures prennent 20 % du capital de Loiretech, que contrôle son dirigeant. Un apport en obligations convertibles, des prêts bancaires ainsi que le prêt du conseil régional des Pays de la Loire (dispositif P2RI) complètent le montage financier.
Premier marché au Canada
À la tête de Loiretech depuis 2003, Marc Moret entend poursuivre le développement de l'entreprise. En 2018, le Nantais table sur 25 millions d'euros de chiffre d'affaires. Pour cela, il compte encore progresser à l'export où Loiretech réalise la moitié de son activité. Au Canada où elle dispose depuis peu d'un atelier de 1.200 m², la PME a remporté son premier marché il y a quelques jours. Autre relais de croissance : la distribution d'outillages, notamment de petite dimension, fabriqués par des entreprises partenaires. « Les constructeurs aéronautiques préfèrent une offre globale à une multitude de contrats », explique un Gérard Allio, qui ne se retire pas encore des affaires. Il va en effet accompagner pendant un an Marc Moret.
Loiretech
(Mauves-sur-Loire) P-dg : Marc Moret 150 salariés 6,8 M€ de CA en 2014 02 40 25 50 62