Loi Macron : Vers une privatisation de l'aéroport Nice Côte d'Azur ?

Loi Macron : Vers une privatisation de l'aéroport Nice Côte d'Azur ?

Infrastructure. Le projet de loi Macron sur l'activité et la croissance autorise la privatisation des aéroports de Nice et de Lyon. Une suprise ? Pas vraiment...

C'est une petite phrase, perdue dans un pavé de 273 pages, qui a mis le feu aux poudres. En effet, la première mouture du projet de loi Macron sur l'activité et la croissance, dont la version définitive sera présentée le 10 décembre, prévoit l'autorisation « du transfert au secteur privé d'une participation majoritaire au capital de la société Aéroports de la Côte d'Azur et Aéroport de Lyon ». Autrement dit, l'État, actionnaire de l'aéroport azuréen à 60 %, aux côtés de la CCI Nice Côte d'Azur (25 %), du Conseil général (5 %), du Conseil régional (5 %) et de la Métropole NCA (5 %) souhaite se désengager de la structure, dupliquant là le scénario toulousain sur lequel se sont positionnés des investisseurs chinois.




Estrosi monte au créneau

De quoi faire réagir le député-maire de Nice, Christian Estrosi. L'élu, fermement opposé au projet, a estimé « totalement impensable que la Ville de Nice et l'État ne restent pas majoritaires à l'actionnariat ». Il poursuit : « L'aéroport Nice Côte d'Azur est un outil d'aménagement du territoire dans lequel la collectivité souhaite garder la maîtrise ». Et refuse de laisser « brader notre aéroport » pour qu'il « devienne un hub régional pour compagnies low cost » aux mains « de capitaux étrangers ».




Suite logique de 2008

Pourtant, le désengagement de l'État n'est pas une surprise. Cette privatisation apparaît même comme la suite logique de la création en juillet 2008 de la société des Aéroports de la Côte d'Azur (ACA). L'État s'était alors engagé à ce que le capital reste majoritairement public jusqu'à la fin 2013. Date aujourd'hui passée. À l'époque, la CCI Nice Côte d'Azur avait d'ailleurs émis le souhait, à terme, d'accroître sa participation au capital. Sollicitée, la chambre consulaire s'est refusée à tout commentaire pour l'instant. Toutefois, en cette période de disette budgétaire, accentuée par le risque de ponction de 15 M€ par l'État sur ses fonds de réserve, ce souhait semble bel et bien s'apparenter à un voeu pieux. De même, Christian Estrosi, cet été dans les colonnes du JDD, avait fait le buzz en annonçant qu'il étudiait les possibilités d'un rachat par la municipalité de la part de l'État. Annonce non réitérée depuis. Avec 11,7 millions de passagers par an, la deuxième plateforme aéroportuaire de France, après Paris, gère les aéroports de Nice, Cannes et Saint-Tropez, et génère un chiffre d'affaires de 230 M€. La Société des Aéroports de la Côte d'Azur serait estimée entre 1,5 et 2 milliards d'euros.