Le Conseil général veut créer des zones logistiques aux quatre coins du département. À l'ouest de Rennes, près de 6millions ont été investis pour le projet qui s'étend de la Brohinière à Gaël. Un projet sur les rails, au contraire du projet de Châteaubourg, définitivement enterré. «Tirer les leçons de la mésaventure de Châteaubourg.» Voilà la priorité de Jean-Louis Tourenne, président du Conseil général. Le projet de la plate-forme logistique interrégionale de 250ha avait provoqué une levée de bouclier: riverains, désaccords politiques sur le territoire de Vitré et refus d'un industriel. 650.000 € ont été engloutis dans l'affaire.
Retour du Fret
Mais le train revient à la mode. Les entreprises montent des projets très «développement durable» et se tournent à nouveau vers le fret. RFF finit de réhabiliter la ligne La Brohinière - Saint-Méen - Gaël - Mauron (Morbihan): 2millions d'euros. Le Conseil général en profite pour soutenir le développement de trois zones: la Brohinière à Montauban (100ha), Haute-Bretagne à Saint-Méen-le-Grand (55ha) et le Chêne à Gaël (50ha).
Plate-forme multimodale
«La Brohinière est à l'intersection de la RN 12 et de la ligne de train Paris-Brest. Idéal pour recevoir les flux de toute la Bretagne», vante Bernard Piedvache, président de la communauté de commune du Pays de Montauban. Le parc d'activité, autour de la gare, s'étend sur 100ha. 25 sont déjà occupés par une dizaine d'entreprises, surtout agroalimentaires: le Gouessant, Coopagri, Lacto Production, etc. À Saint-Méen, l'entreprise Kuehne et Nagel utilise déjà la voie ferrée: 2 trains de 14 wagons par semaines en provenance de la Marne. Selon un élu local, «une économie de 45 camions!» Un peu plus loin à Gaël, l'entreprise de logistique Easydis espère bien rapidement utiliser le rail depuis ses installations. «Pour le moment nos camions vont jusqu'à la gare de la Brohinière», explique Dominique Delmas, directeur du site. Cet accès direct au train était une des conditions d'installations de la société à Gaël. «Économies pour l'environnement et pour notre coût de production.»
Un schéma départemental
Un rapport sortira à l'automne sur un plan départemental de plates-formes logistiques. Jean-Louis Tourenne verrait bien quatre centres: ouest, est, pays de Redon et autour de Saint-Malo pour les flux maritimes. «De toute façon, si ces plateformes ne se font pas ici, elles se feront ailleurs!» Reste à penser, aussi, à leur intégration au niveau régional et travailler avec la Région. «Ce sera fait», assure le président du Conseil général.