Logistique à Châteaubourg : 650 K€ pour un "pschitt"
# Logistique # Conjoncture

Logistique à Châteaubourg : 650 K€ pour un "pschitt"

Près de huit ans d'études pour rien! Après le rejet des populations de Châteaubourg et Servon-sur-Vilaine, relayé par leurs conseils municipaux, le projet de plate-forme logistique interrégionale ne verra finalement pas le jour dans le pays castelbourgeois.

Le feuilleton de Châteaubourg, c'est fini! Ainsi en a décidé le 30mars le syndicat mixte d'études du projet de plate-forme logistique. Ce dernier - qui réunit Région, Département, Vitré Communauté et Communauté de communes de Châteaugiron - a pris acte des votes de Châteaubourg et Servon-sur-Vilaine. Deux communes dont les conseils municipaux ont décidé - pressées par leurs administrés - que le projet ne devait pas aller au bout. Résultat, alors que les premières études datent de 2001-2002, et que le choix du site castelbourgeois a été fait en 2003, la plate-forme logistique interrégionale ne verra finalement pas le jour à cet endroit. Une déception d'autant plus grande pour ses promoteurs, au premier rang desquels le conseil général, que près de 650K€ ont été engloutis depuis huit ans! «C'est très dommage que nous ne soyons pas en mesure de faire une offre dans un département au positionnement géographique extraordinaire et avec une volonté politique et professionnelle forte», regrette Jean Normand, vice-président du conseil général en charge des questions économiques. Un département qui, dans les couloirs, pointe du doigt «la lourde responsabilité de Vitré s'agissant du développement économique du département», explique une source proche de la majorité socialiste au conseil général. Pierre Méhaignerie n'a en effet jamais caché ses réticences vis-à-vis de ce projet de Châteaubourg. Le président de Vitré Communauté a notamment toujours fait part de ses réserves s'agissant de la légèreté du volet financier (autour de 90M€). «À partir du moment ou une commune - et il y en a deux - a dit non au projet, on a toujours été très clair, et le conseil général aussi: il n'y avait plus de raison de poursuivre», nous explique Pierre Méhaignerie. Mais quand on lui parle des voix qui lui font porter la responsabilité de l'échec, le Vitréen s'agace.




«Ras-le-bol de cette forme de mépris»

«Il y en a ras-le-bol de cette forme de mépris. Le Département, dans cette affaire, s'est comporté avec arrogance avec le collectif. Et ils n'ont pas su convaincre leurs communes "amies"(Châteaubourg et Servon qui ont voté non, ndlr).» Pour ce qui est de l'avenir, conseil général et Région n'ont pas l'intention de baisser les bras. Ils se réorientent déjà vers d'autres sites. «Nous poursuivons nos recherches, soit un peu plus loin, soit plus proche ou même au coeur de Rennes Métropole, indique Jean Normand. Dans des sites qui n'ont pas encore été explorés, y compris sur des friches industrielles», explique l'élu sans vouloir en dire plus pour le moment. Une nouvelle réflexion qui ne prendra pas autant de temps que le projet de Châteaubourg. «Il va falloir aller plus vite, sur des surfaces moins importantes», insiste le vice-président.

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