Dans quatre ans, l'association d'insertion professionnelle Logiservices, qui délivre des prestations de service à la personne (ménages, garde d'enfants, jardinage, petit bricolage...), fêtera ses 30 ans. Cette échéance est l'occasion pour la structure strasbourgeoise de se donner une nouvelle feuille de route, qui s'inscrit dans une démarche renforcée d'échanges avec l'écosystème économique et associatif local. Pour y parvenir, elle s'est adjoint les services d'une consultante, Adeline Schwander (Les Z'Ailes). Logiservices emploie huit permanents, a fait travailler 212 personnes et réalisé un chiffre d'affaires de 1,4 million d'euros en 2015. « Nos finances sont saines, nos bilans d'insertion satisfaisants. Tous nos voyants sont au vert mais ce n'est pas pour autant qu'il faut s'endormir sur ses lauriers », estime la directrice de Logiservices, Céline Kolmer, qui a contribué depuis son arrivée à sa tête il y a cinq ans à assurer la pérennité économique de l'association en diversifiant ses activités et sa clientèle. La cible entreprises/bailleurs/collectivités a notamment été développée et est passée de 23 % de la clientèle en 2011 à 43 % aujourd'hui.
Toit à moi
Logiservices s'interroge aujourd'hui sur ses missions et objectifs ainsi que sa gouvernance. Elle renforce actuellement son conseil d'administration afin de se doter de nouvelles forces vives. « Nous sommes encore à la recherche de quatre ou cinq nouveaux administrateurs », précise la directrice, qui souhaite les impliquer pleinement dans les choix stratégiques de l'association, qui s'est fixé plusieurs axes de travail, définis pour la première fois collégialement par les salariés de l'association, ses clients, partenaires et financeurs : trouver de nouvelles activités pour intégrer des jeunes de quartiers prioritaires, soutenir l'entrepreneuriat, lutter contre la fracture numérique et résoudre les problèmes d'hébergement. Logiservices a décidé de mobiliser l'ensemble des acteurs économiques locaux afin de trouver une solution à ce problème vital, qui constitue l'un des principaux freins à l'insertion. Une étude a été menée par elle pour obtenir des données statistiques auprès de 65 structures d'insertion professionnelles alsaciennes et un groupe de travail créé pour apporter des solutions à cette population composée majoritairement d'hommes isolés. Une initiative nantaise, Toit à Moi, pourrait être prochainement dupliquée sur le territoire : des fonds collectés sous forme de don ou de mécénat qui permettent d'investir dans des logements pour loger les personnes les plus précaires.