La date était calée depuis plusieurs mois. Le 2 décembre, après 15 ans de chantier, le Laser Mégajoule (LMJ) allait enfin être inauguré. Pour cet équipement quasiment unique au monde (il en existe un autre aux États-Unis), qui a nécessité 3,3 milliards d'euros d'investissement, et qui constituera la pièce maîtresse de la dissuasion nucléaire française, il eut été logique que le président de la République soit présent. Pour rappel, c'est Jacques Chirac qui, en 1995, a initié ce projet. Or point de François Hollande pour assister au premier tir du LMJ, ni même de ministre de la Défense ! Le 22 octobre, Matignon annonçait que Manuel Valls serait présent au Barp le lendemain pour l'inauguration du LMJ. En fait, le premier ministre a profité d'une rencontre avec Michel Platini et Alain Juppé à Bordeaux pour se rendre au Barp. Cette annonce de dernière minute a provoqué quelques cafouillages savoureux dans la communication qui entourait le déplacement du premier ministre. Un premier communiqué a fait état de l'inauguration du Laser Mégajoule, tandis qu'un second communiqué a évoqué une simple visite. Et le jour même, les 300 personnes qui attendaient le discours de Manuel Valls ont pu assister à une scène assez cocasse : alors que le Premier ministre montait à la tribune, un officiel a arraché le panneau fixé sur le pupitre avec la mention "inauguration". Bref, cette non-inauguration préparée à la va-vite laisse une drôle d'impression. La France ne met pas en service pas tous les jours le Viaduc de Millau, une ligne à grande vitesse ou le Laser Mégajoule. Pourquoi ne pas en être fier ? @email Twitter :@YannBuanec
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