Son prédécesseur, Jean Clochet, a atteint l'âge limite de 70 ans pour exercer la fonction de président du Conseil d'administration de la Banque populaire des Alpes (1.674 salariés ; PNB 2013 : 284,5 M€ ; Corenc - 38). Lionel Baud, administrateur depuis 2011, a été nommé par ses pairs pour le remplacer. Il fallait à cette banque régionale et coopérative « un président actif et engagé, au coeur des préoccupations des entreprises », selon Jean Clochet, lui-même redevenu administrateur. À 47 ans, Lionel Baud est P-dg de Baud industries (500 salariés ; CA 2013 : 64 M€ ; Fillinges - 74). L'industrie du décolletage « a subi une crise profonde à partir de 2008 », rappelle l'entrepreneur, qui estime qu'à l'époque, « la Banque populaire a joué un rôle majeur pour permettre aux entreprises de faire face aux difficultés ». S'engager aujourd'hui dans la banque lui permet ainsi de « contribuer à l'amélioration du tissu économique de nos territoires ». Après un BTS en micromécanique à Cluses, Lionel Baud intègre à 20 ans l'entreprise familiale et gravit progressivement les échelons, jusqu'à devenir P-dg de l'entreprise en 2000, lors du départ à la retraite de son père. Avec ses deux frères, il s'emploie à développer Baud industries à l'international. S'engageant pour la filière, il devient président du Centre technique de l'industrie du décolletage et du Syndicat national du décolletage, ainsi que vice-président du pôle de compétitivité Arve industries.
Coût du travail
Aujourd'hui, la banque lui apporte « un horizon différent. J'ai envie de mettre mon expérience au service d'autres activités que le décolletage, qui font face elles aussi à une nouvelle révolution industrielle, notamment par le numérique ». Mais le dirigeant déplore « une industrie souffrant de la concurrence étrangère, en raison du coût élevé du travail et d'un excès de charges sociales ». Lionel Baud appelle donc l'État à « prendre des mesures » en ce sens.