Serait-ce un appel à l'incivisme? Alors que tous les Français sont en train de remplir leur déclaration de revenus, le Conseil des prélèvements obligatoires (Cour des comptes) suggère de supprimer l'impôt sur le revenu! Principal reproche: il ne rapporte plus rien. En 2009, l'impôt sur le revenu a rapporté 47milliards d'euros (à peine 6,4% des recettes de l'État et de la Sécu). Et surtout, ce montant n'a pas bougé depuis 2000, alors que depuis cette date, les revenus des Français ont progressé de 37%. En cause, les fameuses niches fiscales. Il existe aujourd'hui près de 500 astuces pour réduire son impôt sur le revenu (embaucher un jardinier, une baby-sitter, investir dans le cinéma, l'immobilier...) Deuxième reproche: l'împôt sur le revenu est très inégalement reparti. Il a perdu son caractère universel pour se concentrer sur les classes supérieures. Un Français sur deux y échappe. Au final, à peine 20% des ménages payent 90% de l'impôt sur le revenu. Et, paradoxalement, les plus riches, tout en haut de l'échelle, ceux qui vivent de leurs dividendes, sont relativement épargnés. Car la fiscalité française est nettement plus douce avec les revenus du capital, taxés à 19%. C'est le syndrome «Liliane Bettencourt, taxée comme un cadre moyen». Que faire? Réformer l'impôt sur le revenu est quasi impossible. François Fillon s'y est essayé, en vain. La remise en cause de la moindre niche déclenche un tollé immédiat («Dans chaque niche, il y a un chien qui mord fort!») La Cour des Comptes propose donc de «le faire disparaître et recréer un impôt à vocation progressive». Banco! Voilà un beau projet pour le futur président.
PLANETE ECO par Axel de Tarlé