Le spécialiste de la climatisation aéronautique veut décliner ses innovations dans le secteur ferroviaire. La technologie en question : un système de climatisation qui utilise l'air comme réfrigérant, et non pas un gaz chimique comme cela se pratique aujourd'hui dans les trains ou les voitures. Aux yeux de Nicolas Bonleux, directeur général de Liebherr-Aerospace & Transportation (5.000 salariés dont 1.200 à Toulouse, 1,16 Md ? de CA en 2014), les gains sont multiples. « Cette technologie est complètement verte (pas de gaz chimique qui endommage la couche d'ozone), les coûts de maintenance sont réduits car ce système ne nécessite pas de circuits étanches et de composants complexes (on passe de dix heures de maintenance sur un train à une heure), le confort des passagers est amélioré car la climatisation est pilotée plus finement, grâce au progrès de l'électronique de puissance qui contrôle en permanence la vitesse de rotation du turbocompresseur. Et la consommation électrique est moindre d'environ 10 % par an. »
Expérimentation de deux ans sur le trajet Toulouse-Latour de Carol Cette nouvelle génération de climatisation, déjà utilisée sur les TGV allemands par la Deutsche Bahn, après plus de 10 millions d'euros de développement, a séduit la SNCF qui lance en septembre une expérimentation de deux ans sur un train de deux voitures, l'une équipée d'une clim traditionnelle, l'autre du système de Liebherr. C'est la Région Midi-Pyrénées qui a financé l'acquisition de l'automotrice soumise au essais, sur le trajet Toulouse-Latour de Carol. « On espère un bilan positif qui incitera la SNCF à équiper tous ses trains, conclut Nicolas Bonleux. Ce serait une bonne nouvelle pour notre site toulousain, qui produit le coeur de cette technologie, le turbocompresseur. » Une célébration est prévue dans ce fameux train le 24 septembre, en présence de la Région, de la SNCF et de l'industriel.
Agnès Baritou www.liebherr.com