Et si le pourrissement était la meilleure des solutions? Le constat est maintenant clair: Le pari de l'euro a échoué. En dix ans, les économies ont divergé. Le Nord est devenu fortement exportateur et le Sud a perdu sa compétitivité. Fait aggravant: Pendant dix ans, les pays du Sud ont compensé cette faiblesse en s'endettant. Profitant de la caution allemande, les Grecs, les Portugais et les Français(!) ont pu s'endetter à des taux très bas, faisant exploser leur endettement. Et voilà, comment on se retrouve avec une Europe fracturée, exportatrice et rigoureuse au Nord, sous-compétitive et surendettée au Sud. Maintenant que fait-on? Même en imaginant qu'on règle le problème de la dette d'un coup de baguette magique, la question de la compétitivité reste entière. Difficile d'imaginer que les Grecs, les Portugais ou les Espagnols puissent rejoindre la compétitivité allemande ou néerlandaise. Dès lors, reste deux options, toutes deux déprimantes. 1/On revient aux monnaies nationales, on dévalue et ça repart. Solution techniquement explosive et historiquement mortelle, car elle signe la fin de la construction Européenne. 2/On accepte l'Europe fédérale. Solidaires, les pays du Nord acceptent de subventionner le Sud qui devient un gigantesque «Mezzogiorno», sous-compétitif, vivant des subsides allemands. C'est très déprimant et instable politiquement. «Il y a eu dans le passé de grandes visions (l'euro), mais on a omis de régler des questions qui n'étaient pas des détails» résume Nicolas Sarkozy. Soyons optimistes, on dit que l'Europe avance dans les crises. Vu celle-ci, l'Europe se prépare à un grand bond en avant!
PLANÈTE ECO par Axel de Tarlé