Qu'attendez-vous du prochain président de la République? C'est ce que nous avons demandé à plusieurs représentants du monde économique local.
Joël Chéritel (UE 35)
«L'entreprise France a beaucoup d'atouts et nous avons tous intérêt à nous pencher sur l'économie. On ne peut concevoir un pays sans industrie. La réalité, c'est de s'interroger sur le fait que des produits entrants sont plus compétitifs que les nôtres. Les politiques doivent en prendre conscience, au moins au niveau de l'Europe. C'est aussi s'interroger sur le problème des déficits publics qui pèsent forcément sur l'économie. Il n'y a pas d'autres solutions que de réduire le train de vie de l'État. Par ailleurs, on ne réduira pas le temps de travail. Enfin, il nous faut beaucoup plus de lisibilité. Il faut un cadre clair pour que les entreprises puissent bâtir leurs stratégies.»
Olivier Clanchin (ABEA)
«L'agri et l'agro sont la force de notre pays et il ne faut rien lâcher sur ces sujets face à nos concurrents européens. Soutenir sans pour autant vouloir tout réglementer, avoir un climat de confiance et d'entraide avec les organes de l'État (DGCCRF, Douanes, DSV...)»
Marc Arlès (UIMM)
«L'industrie française, voire européenne, doit être plus compétitive. Notre pays ne peut pas se passer de producteurs, c'est la meilleure explication de la valeur ajoutée d'un pays. Les points clefs: restaurer l'équilibre des finances publiques, maintenir et développer le crédit impôt recherche qui est un des leviers de la réindustrialisation, débattre de la flexisécurité. On perd beaucoup d'emplois à vouloir protéger le contrat de travail. Il faut aussi une meilleure sécurité juridique avec une maîtrise de la production de réglementations. Les grandes décisions doivent être prises à la lumière de leurs conséquences sur l'appareil productif.»
Anthony Rouxel (FNTR)
«Il faut une mise à l'heure européenne de la réglementation sociale dans le transport, avec un alignement des charges sociales et fiscales, c'est-à-dire des règles du jeu équitables, accompagnées d'une baisse du coût du travail.»
Michel Lhost (FFB 35)
«Cinq priorités: stabiliser l'environnement institutionnel, favoriser le développement des entreprises et des vrais créateurs d'emplois, promouvoir l'offre de logements, développer une vraie filière du bâtiment innovant, renforcer et clarifier les compétences territoriales pour en finir avec le mille-feuille administratif. Nous avons aussi besoin de décideurs locaux aux compétences lisibles.»
Yves Petitpas (Système U Ouest)
«À titre personnel, qu'il gère le pays au mieux, ce que nos élus ont habituellement beaucoup de mal à faire, et qu'il nous laisse faire notre boulot. Car j'ai l'impression d'avoir à faire à des gens qui manquent de courage par souci électoraliste. Les politiques semblent bien loin de la réalité de notre quotidien.»
Patrick Perrier (Umih 35)
«Dans la restauration, on ne va pas pouvoir revenir sur le point et demi de TVA et dans le contexte actuel, nous n'allons pas pouvoir le reporter sur les prix. La TVA à 5,5% avait principalement bénéficié au personnel. Nous allons sans doute être obligé d'engager des discussions au plus haut niveau sur le contrat d'avenir.»