La réaction ne se sera pas faite attendre ! Le syndicat professionnel OTRE Normandie (Organisation des Transporteurs Routiers Européens) a vivement réagit aux annonces faites lundi 4 septembre par le ministre de l'intérieur Gérard Collomb qui prévoit de confier à des prestataires privés les missions de contrôles de vitesse jusque-là effectuées par des agents de l'Etat.
Chasseurs d'excès de vitesse
« C'est une question de principe qui se pose », estime le secrétaire général de l'OTRE Normandie, Philippe Bonneau. « Nous estimons que le contrôle et la sanction des excès de vitesse sont de la compétence de l'Etat; que dirait-on si l'on annonçait la privatisation des contrôles fiscaux ! », insiste le représentant de l'OTRE qui n'a pas de mots assez durs pour les futurs entreprises privées qui seront amenées à effectuer les contrôles en question: « des chasseurs de primes ! »
Même si le ministre a précisé que les futurs prestataires ne seraient pas rémunérés à l'acte, mais au forfait, les professionnels de la route restent inquiets. « Nous sommes par nature davantage exposés et nos chauffeurs risquent la double peine »; soit le retrait de permis de conduire et le risque de licenciement qui s'en suit.
Expérimentation possible en Normandie
Au final, ce que craignent les routiers, « c'est l'amplification des contrôles », sans certitude que cela ait une quelconque influence sur l'accidentologie, dénonce Philippe Bonneau. « C'est plus une machine à cash qu'une véritable démarche de sécurité routière ». Imaginé sous le précédent gouvernement de Manuel Valls, ce dispositif doit être expérimenté en Normandie. Aucun calendrier n'a pour l'heure été présenté.