Le transport routier de marchandises voit son activité fragilisée avec la flambée des prix du carburant, liée à la guerre au Moyen-Orient. Selon la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), la hausse des prix ainsi que "les incertitudes sur les approvisionnements et l’absence de visibilité fragilisent fortement l’activité des transporteurs".
La crainte de "défaillances massives"
Ce contexte pousse des entreprises à envisager de mettre les camions à l’arrêt et des "défaillances massives pourraient survenir", averti la Fédération. En 2025, plus de 1 700 entreprises du transport routier ont connu une procédure de sauvegarde, une liquidation ou un redressement judiciaire. Un chiffre en forte baisse sur un an : en 2024, ces procédures ont concerné près de 2 000 entreprises.
"Beaucoup de transporteurs ne tiendront pas jusqu’à la fin du mois"
Pour la FNTR, il faut agir dans l’urgence. "Beaucoup de transporteurs ne tiendront pas jusqu’à la fin du mois pour appliquer l’indexation prévue dans leurs contrats", souligne Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération dans un communiqué.
Une réunion avec les ministres concernés
Face à ces constats, la FNTR a porté plusieurs demandes au Gouvernement, à l’occasion d’une réunion avec Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports et Maud Bregeon, ministre chargée de l’Énergie, le 17 mars.
Cette rencontre a réuni les acteurs du transport routier de marchandises et de voyageurs, du transport public particulier de personnes (taxis et VTC), du transport fluvial et ferroviaire, ainsi que les distributeurs de carburant.
À l’issue de la réunion Maud Bregeon a expliqué que l’échange a permis de "mettre sur la table les constats et écouter les propositions". "Dans les jours à venir, nous reviendrons vers les acteurs sur les propositions d’avancées concrètes pour répondre à leurs problématiques", a ajouté la ministre. Les questions de trésorerie et de délais de paiement ont notamment été citées par les ministres.
Des mesures immédiates attendues
Selon la Fédération, la mise en place de mesures immédiates est nécessaire pour préserver la continuité d’activité et la trésorerie des entreprises.
Les professionnels du transport routier appellent à mettre en place une "indexation accélérée" qui permet de réviser les tarifs de transport pour limiter l’impact immédiat des hausses de carburant et en répercuter les coûts sur les clients.
Ils souhaitent aussi un mécanisme d’amortissement avec une "réflexion sur l’affectation du surplus de taxes généré par la crise afin de soutenir le secteur". Des contrôles renforcés sur les prix sont par ailleurs attendus face aux "comportements anormaux observés".