« Les TP ne sont pas le problème mais la solution »
# Industrie # Ressources humaines

« Les TP ne sont pas le problème mais la solution »

François Coville,
président de la Fédération des travaux publics de Bretagne


La FRTP a réalisé pour la première fois un état des lieux des infrastructures en Bretagne. Quel est l'objectif ?


Les entreprises des TP s'aperçoivent que les investissements sont en baisse continue, ce qui a deux conséquences : une baisse du nombre de projets d'infrastructures routières, et une dégradation de ce patrimoine et de tous les réseaux. La France est passée en six ans du 1e r au 7e rang mondial pour l'état de ses routes... Nous voulons donc attirer l'attention des opérateurs publics (collectivités locales, grands opérateurs comme la SNCF, l'État...) qui représentent 70 % de notre activité. Notre secteur est en chute. Depuis deux ans, nous enregistrons -25 % d'activité. Les appels d'offres publics sont passés de 1,6 Md? en 2013 à 1,2 Md? en 2015. 2015 a été la pire année depuis


trente ans, avec la perte de 1.000 emplois en Bretagne.




Pourtant, il y a des grands travaux entamés, notamment à Rennes avec la LGV ou le métro...


Ces grands travaux dont on parle beaucoup, c'est l'arbre qui cache la forêt. Cela ne remplace pas tous les chantiers partout en Bretagne qui ne se font pas.

Or, nous sommes incontournables et au carrefour de tous les sujets d'avenir : plans anti-submersion, raccordement aux nouvelles énergies, nouvelles mobilités... Nous sommes la solution au développement, pas le problème ! On a besoin de nous mais il faut des moyens. Comme nos interventions ne sont pas toujours visibles de la population, les élus privilégient d'autres investissements comme des crèches ou des cantines. Pourtant, le patrimoine des infrastructures aussi c'est un service rendu aux habitants : une route en bon état permet de se déplacer et donc de participer au développement économique des communes
!




Comment alors les inciter à investir ?

En les sensibilisant. L'entretien des routes revient à cinq fois moins cher si on en entretient l'étanchéité tous les sept ans, et durent plus longtemps. Il faut aussi entretenir les réseaux d'eau, même si la Bretagne a fait des efforts. Ils ont été construits il y a 70 ans et sont en bout de vie, les fuites vont augmenter. Aujourd'hui, un chiffre parle : les pertes d'eaux potable en Bretagne avoisinent les 17 % du volume introduit, soit presque l'équivalent de la moitié du lac de Guerlédan chaque jour... ou 30 piscines olympiques !



Propos recueillis par Virginie Monvoisin

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