«Les vieilles généralistes subissent plusieurs big bang», précisait Olivier Milot, journaliste à Télérama. Le premier, c'est celui de la TNT, qui avec le satellite, représente aujourd'hui 25% de l'audience générale. «Il ne se passe pas une seule semaine sans que l'audience des chaînes de la TNT n'augmente». Les nouveaux modes de consommations de l'image (ordinateur, téléphone portable, console vidéo) pèsent aussi sur l'audience des grandes chaînes. «Certains ados n'ont jamais regardé une grande chaîne généraliste, sauf pour un programme précis, type Star Ac' ou Nouvelle Star...», poursuit le spécialiste.
Érosion des recettes publicitaires
Autre secousse du PAF attendue? La fin des publicités sur France Télévision. TF1 va devoir s'aligner sur la première partie de soirée de France2, en sacrifiant son JT ou ses écrans publicitaires. «De toute façon, elle aura un mauvais choix à faire», commentait Olivier Milot. Enfin, la crise financière, dernier big bang, qui touche évidemment les chaînes de télévision. TF1 accuse 3,6% de baisse de recettes publicitaires au premier semestre 2008. «La fragmentation de l'audience serait plus gérable s'il n'y avait pas en plus une érosion des recettes publicitaires», précisait le journaliste. À elles deux, TF1 et M6 représentaient jusqu'ici 1,110Md€ de chiffre d'affaires publicitaire. Ces montants vont sûrement être revus à la baisse avec le nouveau paysage audiovisuel. Pour preuve, l'émission qui générait jusqu'ici le plus de recettes publicitaires à TF1, la Star Ac', attirait au meilleur de sa forme 13millions de téléspectateurs. Alors qu'aujourd'hui elle n'en attire que 4,5millions. Les tarifs des recettes publicitaires durant ce créneau ont également diminué: -14%. Idem pour la Méthode Cauet, qui se vantait de réaliser 45% de parts de marché il y a deux ans alors qu'aujourd'hui elle n'en totalise plus que 20%. «TF1 a 50M€ d'économies à faire», poursuivait Olivier Milot, en ajoutant que les télévisions cherchent de plus en plus à réduire les coûts de leurs productions et à prolonger les retombées d'un programme grâce à la «catch TV», ou la rediffusion sur le net. M6, elle, a toujours eu une gestion de budget plus serrée. «Je ne me hasarderais pas à faire le parallèle entre Ouest-France et Le Télégramme mais face à TF1, M6 est dans une position de challenger», remarquait le journaliste de Télérama.
Côté télés, le big bang a lui aussi commencé. Les modèles économiques sont vieillissants et les solutions peinent à émerger.