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Les start-up du Grand Est ont levé un total de 160,2 millions d’euros en 2023
Grand Est # Services financiers # Levée de fonds

Les start-up du Grand Est ont levé un total de 160,2 millions d’euros en 2023

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Les équipes de la French Tech Est et de Blue Omingmak viennent de présenter les résultats de la deuxième édition de l’Observatoire des levées de fonds. Si 2023 restera comme une année difficile dans le monde du capital-investissement, l’écosystème des start-up du Grand Est a, lui, fait preuve de solidité.

En 2023, les start-up opérant dans le secteur de l’énergie ont confirmé leur capacité à lever des fonds — Photo : 45-8 Energy

Pour Boris Ouarnier, le dirigeant de Blue Omingmak, c’est "le haut de la pyramide qui est écrêté". Sa société, basée à Nancy et spécialisée dans l’accompagnement à la levée de fonds de start-up dans la région Grand Est, vient de présenter, en partenariat avec les équipes de la French Tech Est, les résultats de la deuxième édition de l’Observatoire des levées de fonds. Un outil inédit dans son ambition, puisqu’il se veut exhaustif, comme dans la méthode, car à la compilation de données financières s’ajoutent des entretiens individuels menés avec les dirigeants de start-up ayant levé des fonds.

En 2023, les start-up du Grand Est ont donc levé un total de 160,2 millions d’euros. Un chiffre en fort recul par rapport à 2022, année où les levées de fonds avaient atteint 221,5 millions d’euros. Par contre, le nombre d’opérations est resté stable : 79 en 2023 contre 76 en 2022. "En 2023, nous avons enregistré une seule levée de fonds supérieure à 30 millions d’euros, contre trois en 2022", résume Boris Ouarnier.

88 millions d’euros pour les trois plus grosses levées

Concrètement, les trois plus grosses opérations de 2022, réalisées par Domain Therapeutics (Bas-Rhin), Agriconomie.com (Marne) et Haffner Energy (Marne), avaient permis de rassembler un total de 149 millions d’euros. En 2023, le podium est constitué de Lithium de France, filiale du groupe français Arverne, installée à Bischwiller en Alsace et spécialisé dans la géothermie, qui a levé en début d’année 44 millions d’euros. La seconde marche du podium 2023 est occupée par Sesamm, la fintech messine spécialisée dans la gestion d’actifs via des solutions numériques, qui a bouclé une cinquième levée de fonds, portant le total des fonds levés pour son développement à 50 millions d’euros. Le podium est complété par la troisième levée de fonds de 45-8 Energy, jeune pousse installée à Metz et spécialisée dans l’exploration et la production d’hélium et d’hydrogène. Au total, les trois plus grosses levées de fonds dans le Grand Est en 2023 pèsent 88 millions d’euros, soit un différentiel de 61 millions d’euros avec le cumul des trois plus grosses levées de fonds de 2022, correspondant au recul enregistré en 2023.

Les levées de taille intermédiaire, soit de 1,5 à 30 millions d’euros, suivent une autre tendance : plus de 40 % en nombre, avec 17 opérations, et plus de 100 % en valeur, "signe d’une forte montée en maturité des levées dans le Grand Est", selon le dirigeant de Blue Omingmak. Parmi les secteurs d’activité porteur, figurent l’énergie, avec un total de 65 millions d’euros rassemblés, ainsi que l’informatique et le numérique, qui pèsent 46 millions d’euros dans le total levé. Avec 28 millions d’euros investis dans ce domaine, soit 2,5 fois moins qu’en 2022, le secteur des Medtech se distingue dans un mouvement de baisse globale des montants levés.

Des valorisations qui augmentent

L’année 2023 aura été aussi marquée par une accélération du temps : là où les levées de fonds ont pris 9 mois en moyenne dans le Grand Est, cette durée est passée à 5 mois en 2023. Une donnée qui s’explique par le recours accru à des bridges, ces tours de financement dans lesquels les investisseurs historiques réinvestissent, raccourcissant de fait les durées d’examen des données financières. "Presque 30 % des opérations recensées en 2023 correspondent à des bridges", souligne Boris Ouarnier.

Sans surprise, les valorisations des start-up ressortent toujours en hausse et augmentent au fil des tours : à la première levée de fonds, en 2023, la médiane a été établie à 1,4 million d’euros, puis 3,7 millions d’euros au deuxième tour et enfin, 10 millions d’euros lors de la troisième levée de fonds. Autre enseignement apporté par les données de l’Observatoire, la dilution, phénomène qui veut que les associés historiques d’une start-up voient leur pourcentage de participation diminuer lors de l’entrée de nouveaux actionnaires : lors d’un premier tour, en 2023, la médiane de la dilution était de 19,5 %, contre 11 % lors du deuxième tour de financement et 16,5 % sur le troisième tour.

Jusqu’à 2 500 emplois créés ou maintenus

Les entretiens menés avec les dirigeants de start-up ayant levé des fonds ont permis d’aborder la question de l’emploi : dans les 39 start-up pilotées par un dirigeant interrogé par l’équipe de Boris Ouarnier, 1 367 emplois ont été créés ou maintenus à 3 ans. En extrapolant à l’ensemble des opérations de levées de fonds de 2023, ce total pourrait atteindre 2 500 emplois. L’équipe de Blue Omingmak a aussi cherché à mesurer les difficultés rencontrées pour lever des fonds. "C’est la note de la douleur, une mesure subjective où une note de 10 signifie le plus de difficultés", précise Boris Ouarnier. Les réponses sont assez hétérogènes, montrant une moyenne de 7. L’année dernière, la moitié des dirigeants interrogés faisaient état de peu de difficulté, avec une note de 3 contre une autre moitié qui estimait la levée de fonds très compliquée, avec une note de 8.

Grand Est # Services financiers # Levée de fonds # Start-up # Réseaux d'accompagnement