Jean-François Sérazin,
président de l'UMIH 56
Les touristes sont revenus en masse cet été dans le Morbihan. Plutôt bon pour les affaires ?
On est revenu en effet à une fréquentation semblable à l'avant-Erika. Pourtant, le chiffre d'affaires n'y est pas... L'hôtellerie est la branche qui a le plus souffert avec un recul de 10 à 15 % du nombre de nuitées sur toute la saison. Côté restaurants, les établissements traditionnels ont souffert au détriment des sandwiches et salades des grandes surfaces tandis que les restaurants plus haut de gamme ne s'en sortent pas trop mal. Les cafetiers, eux, ont fait une bonne saison, même si l'on regrette certains prix pratiqués.
Qu'est-ce qui explique cette mauvaise saison ?
Dans le tourisme, on ressent toujours la crise économique avec deux-trois ans de décalage. Là, on est en plein dedans. Et puis, le vacancier a changé. Aujourd'hui, un long séjour c'est quatre jours, pendant lesquels il veut tout faire, tout voir... quitte à gagner du temps sur les repas. Côté hébergements, la concurrence est rude avec les résidences de tourisme qui poussent partout. + 226 % dans l'agglomération de Vannes. Quant aux sites de réservation en ligne, beaucoup y ont recours pour remplir leur établissement mais à quel prix ! Les commissions sont exorbitantes et amputent de 20 % le CA de nos hôtels. C'est un système mafieux. Ces sites ne sont soumis à aucune taxe alors que nous devons faire face à 140 impôts et taxes !
Vous dénoncez d'autres concurrences, déloyales ?
Chambres chez l'habitant, dans des villas : les hébergements sauvages explosent. Cette activité souterraine freine l'emploi, fonctionne sans garantie sanitaire ni norme, ne paye pas la taxe de séjour... Les chantiers ostréicoles, aussi, qui font bien plus que de la dégustation en proposant des menus. Certains demandent même une licence IV. Cette année et bien que ce ne soit pas dans l'esprit de l'UMIH 56, j'ai porté plainte et la préfecture a fait fermer une paillote.
- Trois questions