Les sites de production tournent au ralenti
# Industrie # Conjoncture

Les sites de production tournent au ralenti

Chimie et plasturgie souffrent depuis l'été.

Tout ne va pas mal en chimie: «Les domaines qui fonctionnent sont liés à l'agriculture, la protection des plantes et les produits agricoles, explique Serge Brun. Ils bénéficient de la forte demande mondiale». Mais dans l'ensemble, les activités de Chimie et plasturgie sont touchées au premier chef. En amont des produits finis, elles ressentent la crise depuis le mois de septembre. «En chimie minérale, les industriels ont une visibilité sur leurs carnets de commande jusqu'à la fin du premier semestre 2009, souligne Serge Brun, président de l'Union des industries chimiques. Il y a une grande incertitude au-delà. En ce qui concerne la chimie organique, la pétrochimie, la chute générale des marchés mondiaux concerne aussi les acteurs lorrains. Les plastiques produits sont utilisés pour la réalisation de matériaux pour la construction, secteur qui ne se porte pas bien, et l'équipement de la maison». De grands acteurs du secteur ont fait des choix radicaux. À Carling, Total pétrochemicals a arrêté l'un de ses vapocraqueurs qui doit être stoppé définitivement mi 2009. Et le site Inéos de Sarralbe sera arrêté du 15décembre au 4janvier. «Nous avions une prévision de croissance de 2,7% cette année, il faudra la revoir à la baisse», constate Serge Brun. Juste en aval de la chimie, la plasturgie souffre également. L'activité régionale, souvent liée à l'industrie automobile est contrainte de tourner au ralenti. «Les entreprises se portent mal. Certains ont eu une chute de leur CA de 50 à 70%. Et nombreux sont déjà en règlement judiciaire, constate Hervé Boulanger, représentant de la branche plasturgie. En août on a connu des reports de livraisons puis des annulations. Pour occuper les équipes tout le monde a essayer de mettre en place les CHSCT et des formations pour élever les compétences techniques. Mais aujourd'hui, après le 15décembre on ne sait pas où on va». Dans ce contexte les grandes entreprises auront recours au chômage technique. Une solution trop coûteuse pour les petites PME. «Même s'il est difficile de trouver de la main-d'oeuvre qualifiée, malheureusement on va être obligé de se séparer des employés qui auront le moins de capacités d'adaptation». Une situation qui n'épargne pas les ateliers intégrés. «Pour la plupart il s'agit d'entreprises allemandes qui rapatrient les productions dans leurs ateliers Outre-Rhin.» Pourtant l'année avait bien débuté avec le projet de création d'un technocentre dédié à la plasturgie en Moselle Est. Reste à savoir quand ce site verra le jour et qui pourra en bénéficier.

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