Chaque matin, pendant qu'il prend son petit-déjeuner, Patrick Lescop a les yeux rivés sur son smartphone. Parcourant les infos livrées par sa communauté virtuelle, sur
Twitter. C'est ainsi que le
président de Bezy à Gestel (50 personnes, neuf millions d'euros de chiffre d'affaires), spécialisé dans la construction et le gros oeuvre prend connaissance de l'actualité qui l'intéresse: l'économie locale mais aussi l'évolution de son marché. Les
jeunes agriculteurs d'aujourd'hui qui seront ses clients de demain.
Interconnexions
«L'entreprise est dans un environnement global, politiquement, administrativement, géographiquement... Le dirigeant est en première ligne pour représenter son entreprise et sa profession. Je suis alors le mieux placé pour défendre les points de vue de ceux que je représente», indique ce personnage pas avare de réseaux. Présent au sein du conseil d'administration de la
FFB, du
club des Bâtisseurs, du
Medef et de la
CCI du Morbihan et même à la présidence de la commission développement durable à la
CCI régionale, Patrick Lescop sait que s'il veut influencer le développement du territoire, il ne peut pas le faire tout seul. «Mais il faut gagner en représentativité et en interconnexions», indique-t-il. Un concept qu'il place aussi bien en terme physique qu'électronique. «Google a inventé le référencement. Mais nous le pratiquons déjà au quotidien entre nous», raisonne le professionnel du bâtiment également membre du
club entreprises de Cornouaille. Comme si les réseaux dans lesquels il évolue déjà ne lui suffisaient pas, Patrick Lescop a rejoint les communautés virtuelles de
Twitter et
Facebook. «La moyenne d'âge de mes collaborateurs est de 40 ans. Celle de mes clients est de 45 à 50 ans. Si je veux toucher les futurs décideurs de demain, je dois les approcher dès maintenant. Et comment parler aux jeunes de 20 à 25 ans sinon sur les réseaux sociaux?» D'autant que, Patrick Lescop l'aura remarqué, les jeunes agriculteurs sont très nombreux sur les réseaux sociaux. «C'est logique, ils sont seuls toute la journée sur leurs engins ou dans les champs. Ils ont besoin de rester connectés.»
Orienter la stratégie de l'entreprise
Ainsi, pour savoir comment orienter la stratégie de l'entreprise, mieux identifier les tendances, comprendre le langage de ses futurs clients, Patrick Lescop occupe le terrain virtuellement. Et observe ce qui se dit depuis son troisième oeil, celui des réseaux sociaux. Ce qui ne l'empêche pas de rester prudent quant à ses propres tweets. «On ne peut pas tout dire, une entreprise reste sensible. Mais c'est une excellente vitrine.» Pour lui, c'est toute l'information qui se trouve désormais sur le point d'être transformée. «La génération Y détient l'avenir de l'information entre ses mains», prévoit-il.
À 58 ans, Patrick Lescop est un dirigeant morbihannais expert dans l'usage des réseaux sociaux. Facebook et Twitter sont devenus ses postes d'observation.