Luc d'Urso fait partie de ces hommes pour qui entreprendre est une évidence. Ancien P-dg de Futur Telecom, il est aujourd'hui à la tête de la société ciotadaine Wooxo, spécialisée dans les solutions de protection des données informatiques. Il a accepté de revenir pour le Journal des entreprises sur les principaux réseaux qui ont joué - ou qui jouent toujours - un rôle dans son business.
Le réseau familial
«C'est sans l'ombre d'un doute le plus important de tous. Car le parcours de créateurs d'entreprise est de plus en plus compliqué, et la famille peut très vite en faire les frais. D'ailleurs, beaucoup de créateurs s'arrêtent au milieu de gué parce que leur famille ne suit pas. Entreprendre demande beaucoup de sacrifices, d'un point de financier mais aussi en terme de disponibilité. Il faut toujours revenir au sens de ce que l'on fait».
Les anciens clients et fournisseurs
«Toutes ces personnes que l'on a côtoyées professionnellement par le passé peuvent être mobilisées pour tel ou tel besoin d'information, de mise en relation ou d'aide à la recherche de collaborateurs. La valeur de ce type de réseau réside selon moi dans la solidité des liens établis. 5.000 contacts sur Viadeo, ça ne fait pas un réseau...»
L'UPE 13
«J'ai approché ce réseau en 2007, au moment où j'ai quitté la tête de Futur Telecom, vendue à SFR. Il s'agissait pour moi d'une période de vide professionnel, ce qui est toujours un peu brutal à vivre. Or, l'UPE 13 a ce grand mérite d'être un lieu de rencontres et d'échanges. J'ai participé à de nombreuses réunions au cours desquelles j'ai pu faire le tour des projets qui nécessitaient des compétences dans le territoire. Cela a considérablement accéléré ma connaissance du tissu économique local, au sein duquel je travaillais pourtant depuis de nombreuses années. L'UPE 13 a pour moi été un outil de sociabilité précieux, dans une période un peu creuse en terme de projets professionnels».
Le réseau des managers de transition
«Un peu à la même période, j'ai été approché par le réseau de managers de transition MCG. Il m'a convaincu de prendre la tête d'une entreprise de travaux publics - un secteur que je ne connaissais pas - pendant un an. Le précédent directeur général venait de décéder et les résultats de l'entreprise étaient en baisse. Ma mission consistait à redonner du souffle à la société et à fédérer les équipes autour d'un projet de croissance. En un an, le chiffre d'affaires de l'entreprise est passé de 14 à 21M€. Il y manquait en réalité une dose de gaieté, mais aussi de la coordination. Cette période a été pour moi extraordinairement motivante».
Le Pôle de compétitivité SCS «J'en suis adhérent depuis 2010. Dans nos métiers, qui sont de plus en plus complexes, il est impératif de savoir s'entourer de compétences. C'est dans ce cadre-là qu'intervient un pôle comme SCS, qui met en lien des expertises et des savoir-faire complémentaires. La multiplicité des acteurs permet ainsi de couvrir un sujet à 360 degrés. Pour Wooxo, j'y ai identifié un certain nombre de partenaires avec qui je souhaite travailler».
Athélia Entreprendre «Dès notre installation à La Ciotat, l'été dernier, j'ai adhéré à l'association qui fédère la zone d'activité Athélia. Je pars d'un principe très simple: pourquoi aller chercher des compétences à des milliers de kilomètres si elles existent en bas de chez soi? Il serait en effet dommage d'écarter une solution existante par simple ignorance. C'est là qu'intervient Athélia Entreprendre,en faisant le lien entre des sociétés unies par leur positionnement géographique. Je vais d'ailleurs participer prochainement à une réunion d'information sur la sécurité informatique, aux côtés de deux autres PME de La Ciotat, devant un public de chefs d'entreprises de la zone».
Ancien dirigeant de Futur Telecom et actuel président du conseil d'administration de la société Wooxo, ce serial-entrepreneur dévoile ses réseaux passés, présents... et futur.