« Appartenir à des réseaux, c'est un tout, une raison d'être, un lien humain avec l'économie et la valeur ajoutée du travail. » Jérôme Lopez, 42 ans, dirigeant de Parolai Stil'éco (26 personnes ; CA 2013 : 4,3 M€ ; Villard-Bonnot - 38) tient à faire cette mise au point d'entrée de jeu. Il vient d'être élu président d'Initiative Grésivaudan Isère (IGI), association de soutien aux créateurs et repreneurs. « Je les ai rencontrés il y a plus de trois ans. J'ai adhéré, puis abondé au fonds de prêt et je m'y implique activement. Étant moi-même un repreneur, je connais les difficultés quand on n'a que son courage et son Livret A. IGI apporte certes un prêt, mais aussi un soutien, un parrainage. Ne pas être seul, ça fait du bien. Je n'ai pas eu ce soutien, je le donne. » Il a d'ailleurs intégré son premier réseau pour casser sa solitude après avoir repris la PME industrielle. « J'étais le nez dans le guidon ; au bout de quatre ans, je me suis senti seul. C'est à ce moment que j'ai croisé la
CGPME. Ce n'est pas le côté syndical qui m'a attiré, mais le fait que nous soyons tous des chefs d'entreprise patrimoniale. Notre point commun est de mettre nos tripes dans notre société. On ne peut pas parler des mêmes sujets avec un directeur de site qui a statut de salarié ; nous, nous avons la peur au ventre. À la CGPME, j'ai trouvé de la chaleur humaine, de la convivialité, un remède anti-solitude. » Mais pour lui, pas question de recevoir sans s'impliquer. Il a donc créé une commission développement durable ; il est notamment à l'origine de la "Journée verte" organisée depuis trois ans au mois d'avril. Puis il est devenu membre du bureau, vice-président en charge de l'industrie, et il s'implique également sur la thématique de l'innovation. Il participe aussi au dispositif "Faites de l'entreprise" qui permet de créer un lien entre les enseignants, les élèves et les entreprises. Il accueille des élèves chez Parolai stil'éco et intervient en classe, de la troisième au Bac +2. Il est également présent auprès de l'école de génie industriel de
Grenoble INP et à l'
IAE. Il est d'ailleurs membre des conseils de ces écoles « pour donner un point de vue de dirigeant ».
Soutien aux sans-emploi
La CGPME s'est révélée être pour lui une porte d'entrée sur d'autres réseaux. Il a ainsi pris un mandat à la
Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble. « C'est du donnant donnant, explique-t-il. Donc je participe aux travaux des commissions industrie et service. Pourquoi le service ? Car on ne peut pas le réduire aux seuls consultants, les industriels en consomment et peuvent donc apporter leur point de vue... » Il est aussi à l'origine de la création du club d'entreprises
Résonance qui regroupe une douzaine d'adhérents, PME et grands groupes, tels qu'Area, Dynobat, GRDF, Manpower, etc. « Chaque entreprise fait ce qu'elle peut pour soutenir, avec des chargés d'insertion, des personnes très éloignées de l'emploi, que ce soit par des simulations d'entretien, des visites d'entreprise, des journées de travail... » Sa toute dernière adhésion à un réseau est, pour une fois, plus pour lui-même que pour les autres. Il a intégré le groupe
Busy boss, émanation de l'Udimec, qui compte une petite douzaine de dirigeants industriels. « Il est difficile de faire sortir un industriel de sa tanière alors que je crois à la force du concept "chasser en meute". Se retrouver en petit comité permet des échanges très riches. »
Planning millimétré
Pour réussir à intégrer son activité réseaux dans son emploi du temps, Jérôme Lopez s'est concocté un planning bien réglé. Ses journées commencent à 6 h ; les matinées sont réservées aux urgences de son entreprise, à la gestion, la production, les fonctions supports jusqu'à 10 h. Il enchaîne avec deux heures de mails et coups de téléphone. Les pauses déjeuner permettent les réunions réseaux. En début d'après-midi, retour à la gestion d'entreprise, pour « le moins urgent ». A partir de 16 h et jusqu'en fin de soirée, place à nouveau aux réseaux. « Je réserve mes week-ends et deux soirs par semaine, dont le vendredi, à ma famille », souligne ce père de deux jeunes enfants, dont les dessins sont accrochés au mur de son bureau. « Il ne faut pas avoir honte de prendre du temps pour les réseaux. À chaque fois, je reviens dans ma boîte avec plus d'énergie. Les réseaux vous aident à vous révéler. J'y croise des gens formidables, je crée des amitiés professionnelles. Et ça fait du bien de parler, voire se confier, à quelqu'un d'autre que son avocat ! Nous commettons tous les mêmes conneries, donc nous relativisons et devenons plus forts. Je recharge mes batteries. Mais s'impliquer dans un réseau, c'est aussi une responsabilité. Et quand on y met un doigt, on y met un bras... Il faut savoir dire non. Là, j'ai atteint le seuil. Au-delà, je ne pourrais pas bien faire. »
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Le discret dirigeant de Parolai Stil'éco a conquis les réseaux isérois. Le dernier en date est Initiative Grésivaudan Isère, dont il est le nouveau président.