Consultation de Google et visite des profils saisis sur les réseaux sociaux: voici les nouvelles armes des recruteurs. Selon une étude menée en 2008 par Robert Half, 94% des directions des ressources humaines délaissaient en effet de plus en plus les modes de sélection traditionnels des CV pour se tourner vers le web. Aux États-Unis, le phénomène est déjà bien ancré dans les moeurs. Selon un livre blanc collectif consacré à l'e-réputation publié le mois dernier, 77% des recruteurs américains utilisent le web pour en savoir plus sur les candidats à l'embauche, et ils sont 45% à fureter sur les réseaux sociaux à des fins similaires. Au final, 35% de ces recruteurs auraient décidé de ne pas retenir un profil suite à ces investigations en ligne. Ces chiffres font l'effet d'une douche froide pour beaucoup de cadres, qui laissent parfois accessibles - souvent par inadvertance ou par négligence - des contenus peu avantageux (photos de soirées arrosées, blagues «limites», plaintes envers leur hiérarchie,etc.) qu'ils croyaient uniquement accessibles à leur seule sphère privée.
Attention au «nettoyage»!
Du coup, on observe depuis quelques mois une floraison d'entreprises proposant aux particuliers de nettoyer le web de toute trace numérique «compromettante». «Ce terme de ?nettoyage ?doit être pris avec la plus grande précaution, prévient cependant Christophe Asselin, expert en veille internet oeuvrant au sein de la société Digimind. Techniquement, il est en effet impossible d'effacer un résultat malheureux sur Google, à moins de s'appuyer sur une mise en demeure ou une décision de justice. Ces fameux? nettoyeurs? ne nettoient donc pas, ils ne font que mettre les contenus négatifs sous le tapis grâce à des manipulations techniques».
Cadres et managers en recherche de mobilité ou de promotion, méfiez-vous du web... Les recruteurs passent désormais la toile au peigne fin pour mieux connaître, et parfois écarter, les candidats.