Les prémices d'un retour au centre-ville
# Commerce # Conjoncture

Les prémices d'un retour au centre-ville

Après onze années de développement commercial sous le coup de la loi Raffarin, 2009 a marqué les débuts de la Loi de modernisation de l'économie. Dans le plus grand flou.

Les nouveaux dispositifs mis en place par la Loi de modernisation de l'économie, ou LME, sont entrés en vigueur le 1erjanvier 2009. Objectif affiché: placer le développement commercial dans un contexte plus attentif à l'environnement et à l'urbanisme. Mais pour bien comprendre la situation dans la région, retour en arrière, et notamment en août2008. A cette date, la LME est votée mais les décrets d'applications ne sont pas encore passés. S'ouvre alors un vide juridique, pendant lequel les enseignes de grande distribution vont pouvoir investir des surfaces sans autorisation. Pour autant, il n'y a pas eu d'explosions des m² occupés par les enseignes: un investissement de cette nature ne se décide pas du jour au lendemain. En fait, «certaines enseignes en ont profité pour procéder à des extensions», détaille Jean-Marie Viladecas, vice-président commerce à la CCI de Meurthe-et-Moselle. D'autant qu'en même temps, la crise pointait le bout de son nez. Et la liquidité devenait une denrée rare.




Evolution des critères

Au début de l'année 2009, les commissions départementales d'équipement commercial, ou CDEC, étaient remplacées par les Commission départementales d'aménagement commercial, ou CDAC, en vertu des dispositions prévues par la LME. Le changement n'est pas que sémantique: «Les critères retenus pour étudier les dossiers ont évolué», précise Jean-Marie Viladecas. En effet, plus question de voir pousser des boîtes au milieu d'un champ: désormais, les surfaces commerciales doivent être desservies par les transports publics, leurs démarches doivent s'inscrire dans le durable et si possible, respecter l'environnement. De nouveaux critères qui font passer l'aspect purement commercial des choses au second plan. Pour sa première année d'existence en Meurthe-et-Moselle, la CDAC n'aura eu à se pencher que sur six dossiers. Un chiffre à comparer avec la vingtaine de projets que l'ancienne CDEC pouvait examiner, au cours d'une année «normale». L'effet crise est évident, mais pourtant il ne se reflète pas dans les chiffres: avec un recul de 2,3% pour la Meurthe-et-Moselle, le secteur de la distribution semble se porter plutôt correctement face à d'autres où le sinistre est plus évident. Mais un tel chiffre a été consolidé au détriment des marges: et les consommateurs, pendant cette période, ont changé. Déjà, les enseignes commencent à chercher des surfaces disponibles en centre-ville. Des surfaces plus petites, plus proches d'un consommateur qui s'affirme comme un urbain, écolo de préférence, et réticent à sauter dans sa voiture à la moindre occasion. Un changement de comportement qui apparaît déjà comme un défi à relever pour les grandes enseignes de distribution.

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