C’est la première photographie exhaustive de l’activité des PME et ETI (*) installées dans les territoires dits « fragiles ». Dans leur dernier baromètre, la société de gestion à vocation sociale Impact Partenaires et l’expert en données économiques Altavalue comparent la situation d’entreprises situées dans deux types de territoires : les zones de revitalisation rurale (ZRR), qui regroupent des territoires ruraux rencontrant une faible densité démographique et un taux de population active agricole supérieur au double de la moyenne nationale, et les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), où se concentrent les ménages à bas revenus. « Ces entreprises sont victimes de la métropolisation de l’activité économique nationale », constate le baromètre. Elles évoluent dans des territoires, déjà fragiles, dans lesquels le décrochage économique s’accentue ».
Des PME de quartiers aussi rentables que les autres
Premier constat : les 3.875 PME et ETI implantées dans les quartiers s’en sortent plutôt bien. « Nous avons été étonnés par la bonne santé de ces entreprises », concède Mathieu Cornieti, président d’Impact Partenaires. Malgré un taux de chômage bien plus important (26,4%) que sur le reste du territoire (10,1%), la croissance du chiffre d’affaires médian des PME implantées dans les QPV s’améliore significativement depuis 2015, avec des anticipations pour 2016 et 2017 « meilleures » que celles pour l’ensemble des PME françaises (3,9 % pour 2016 et 4,9% pour 2017 pour les PME situées en QPV contre 3,3% et 4,5% pour l’ensemble des PME). Sur le plan de la rentabilité, le baromètre montre que ces PME des quartiers arrivent à dégager une marge opérationnelle moyenne équivalente à la moyenne nationale (un peu plus de 5% depuis 2013).
En zones rurales, des PME moins capitalisées et plus endettées
La situation est plus difficile pour les entreprises situées dans les zones de revitalisation rurale. Si le taux de chômage y est plus faible que dans le reste du pays (7,5%), la croissance du chiffre d’affaires médian des 8.253 PME/ETI implantées dans les ZRR évolue peu et ne dépassera pas 2,1% en 2016 et 3,9% en 2017 selon les anticipations d’Altavalue. La faute à la désertification et à la paupérisation des habitants sur ces territoires. « Pour faire simple, dans le monde rural profond, les jeunes ne restent pas, les actifs partent s'ils perdent leur travail et la revitalisation y devient très difficile », explique Mathieu Cornieti. De plus, compte tenu de leur taille, les PME situées en ZRR sont « plus faiblement capitalisées » que le reste des PME françaises, pointe le baromètre. Elles restent en moyenne également plus endettées que les autres.
Créé il y a huit ans et originellement tourné vers les quartiers « Politique de la ville », le fonds d’investissement Impact Partenaires, qui gère 60 millions d’euros aujourd’hui, a depuis peu décidé de s’intéresser aux PME des zones rurales et de jouer un rôle dans leur développement économique.
(*) Entreprises de plus de 1,5 million de C.A.