Les plus petits peuvent aussi tirer leur épingle du jeu
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Les plus petits peuvent aussi tirer leur épingle du jeu

Croissance 2010 À partir des chiffres de l'Insee, Le journal des entreprises a établi le classement des territoires du département selon la progression du volume de créations en 2010. La conclusion: les petits savent aussi être attractifs.

L'Ille-et-Vilaine, terre de créateurs. Au vu de la croissance des créations d'entreprise en 2010 par rapport à la moyenne des cinq années précédentes (voir tableau*), c'est la conclusion que l'on peut spontanément tirer. L'an passé, hormis la Baie du Mont-Saint-Michel, parent pauvre de la création d'entreprise, tous les territoires ont en effet connu une belle progression. Même si, faut-il le souligner, la comptabilisation des auto-entrepreneurs par l'Insee à compter de 2009 fausse un peu les chiffres - sans pour autant modifier l'ordre établi.




Le facteur démographique joue à plein

Deuxième enseignement de ce classement, ce n'est pas parce qu'on est un "gros" territoire - en terme de population - que l'on attire toujours plus les créateurs. Loin de là. Cinq des dix premières places sont en effet occupées par des EPCI de moins de 15.000 habitants (Recensement 2007): Pays de Liffré, Pays d'Aubigné, Pays de Bécherel, Pays de Maure-de-Bretagne et Canton de Grand-Fougeray. La forte croissance démographique enregistrée par l'Ille-et-Vilaine ces dernières années y est certainement pour beaucoup. Et c'est tout le territoire qui en récolte les fruits. Pas uniquement les grands centres urbains. «Le territoire de la Communauté de communes a été particulièrement dynamique en raison notamment de l'accueil de nouvelles populations», confirme Yannick Bourien, responsable du service économie et emploi à la CC Au Pays de la Roche aux Fées. «En 1999, on était 25.000 habitants. Aujourd'hui, on est plus de 30.000.»




Commerces et services à la personne

Et qui dit nouvelle population, dit nouveaux besoins. D'abord en matière d'habitat. «Depuis cinq ou six ans, on constate une croissance des créations d'entreprise dans le domaine de la construction: maçonnerie, peinture, carreleurs...» Mais pas seulement. «Les activités de commerce ou de services à la personne progressent. Certaines communes voient leur coeur de ville renaître. Je pense par exemple au Theil-de-Bretagne. Depuis trois ans, une boulangerie ou encore un coiffeur se sont installés. Ce sont typiquement des activités qui rouvrent quand il y a de nouveaux habitants.» L'effet auto-entreprise y est également pour quelque chose, ajoute Loïc Jézéquelou, responsable de l'Observatoire économique à la CCI Rennes Bretagne. En 2010, sur la circonscription de Rennes (2/3 sud du département), la CCI a comptabilisé 2.935 créations. «En 2003, on en comptait 1.666, compare le Monsieur chiffre de l'organe consulaire. Ça évolue de manière très régulière, avec un bond entre 2008 et 2009 (de 2.150 à 2.700) du fait du régime de l'autoentreprise, notamment dans le commerce de détail. D'une manière générale, on constate une forte évolution dans les services et les commerces.»




Un effet crise

Des chiffres qui confirment, au passage, que le temps du gros industriel débarquant avec ses centaines d'emplois est révolu. «On est plus sur de la création de petites entreprises. Des personnes qui, au départ, ont la volonté de créer leur propre emploi puis qui, de fil en aiguille, recrutent une, deux, trois salariés», indique Yannick Bourien. Et de souligner également un effet crise. «Le contexte économique des années passées joue aussi. Certaines personnes qui avaient l'idée de créer ont franchi le pas en raison d'une situation instable dans l'entreprise qui les employait.»

* Source Insee, Répertoire des entreprises et des établissements. Champs: activités marchandes hors agriculture.

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