Les patrons haussent le ton

Les patrons haussent le ton

« S'il y a une révolution, je descendrai dans la rue ! » ai-je pu récemment entendre dans la bouche d'un dirigeant. Face à un mécontentement grandissant parmi les entrepreneurs, les organisations patronales donnent de la voix. Medef, CGPME et UPA dénoncent à l'unisson la loi sur la pénibilité et la loi Hamon. Mais si les discours sont identiques, les méthodes divergent. La CGPME a fait le choix de la rue. Le 1er décembre, ses cortèges devaient s'ébrouer dans Paris et Toulouse. « Il faut faire entendre un son différent, estime Serge Marcillaud, président de la CGPME Aquitaine. Je suis de plus en plus sceptique sur l'effet des conférences de presse et des réunions chez le préfet ». Le représentant patronal fait référence à la méthode privilégiée par le Medef, le 2 décembre à Bordeaux. Un rassemblement auquel il s'est associé, mais qu'il juge insuffisant. Également présent le 2 décembre aux côtés des présidents locaux du Medef et de la CGPME, le leader girondin de l'UPA, Michel Dumon, n'a pas appelé à manifester. Pas parce qu'il refuse cette façon de faire. Mais « par crainte des débordements. Le ras-le-bol est profond ». C'est toute la difficulté des organisations patronales : canaliser le mécontentement, sans se faire déborder par les plus virulents. Pigeons, Tondus, Pendus, Poussins... connaissent un succès à ne pas négliger. L'avenir dira quelle méthode (CGPME, Medef ou collectifs indépendants) aura été la plus efficace.





y.buanec@lejournaldesentreprises Twitter :@YannBuanec

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