«Les IAA ont cette fois encore joué leur rôle d'amortisseur dans les phases difficiles», résume Stéphane Tourte, directeur régional adjoint de la Banque de France. Deux indicateurs confirment ce propos: l'évolution de la production industrielle qui, dans l'industrie agroalimentaire, n'a pas dévissé autant qu'ailleurs. Et le taux de recours à l'intérim qui n'avait chuté au premier trimestre (dernier chiffre publié) que de 8% sur un an, quand le recul était de près de 30% tous secteurs confondus. La consommation intérieure s'est maintenue «car le système social français a jusqu'à présent joué son rôle de tampon», souligne Joëlle Salaun, de l'Observatoire régional des IAA, qui évoque aussi les effets de la mise en place de la Loi de modernisation de l'économie (LME) et les politiques des distributeurs. Les prix avaient en moyenne baissé de 1,1% au premier trimestre, un chiffre qui masquait de réelles disparités entre les produits frais (-13,5%) et l'alimentaire hors frais (+0,8%). S'il est encore trop tôt pour avoir une vision globale des chiffres d'affaires, qui se seraient au final plutôt bien tenus, ce sont l'augmentation des prix de revient et surtout un recul marqué des exportations qui devraient peser sur les résultats.
Carnets de commande inconsistants
Les viandes et les produits laitiers ont connu des difficultés à l'export. L'Observatoire des IAA souligne également des problèmes en matière d'assurance-crédit vers les Pays de l'Est. En septembre, la Banque de France constatait par ailleurs que si les stocks de produits finis étaient voisins de la normale, les carnets de commande demeuraient inconsistants. «La production pourrait, au mieux, enregistrer quelques progrès dans les semaines à venir», écrivait-elle. Les professionnels gardent par ailleurs un oeil attentif sur les cours du pétrole, qui semblent vouloir repartir à la hausse. La poursuite de la dégradation sur le plan social, malgré des signes de frémissement de reprise économique, pourrait également, si elle perdurait ou s'amplifiait, peser sur la consommation.
Dans l'océan des chiffres noirs qui ont déferlé cette année, les industries agroalimentaires apparaissent comme un îlot de résistance. Notamment en Bretagne où le secteur pèse pour 33% du chiffre d'affaires total de l'industrie régionale avec 68.000 emplois directs à la clef.