La France connaît une forte instabilité politique depuis plusieurs mois. Un nouveau gouvernement vient de tomber. Quel est votre regard sur la situation et sur ses conséquences pour le bâtiment en Bretagne ?
Nous sommes écœurés par cette situation. Notre territoire est plongé dans une instabilité qui réduit la visibilité et décourage les investisseurs de lancer des projets, qu’ils soient publics ou privés. Cette incertitude risque aussi de provoquer une hausse des taux d’intérêt, ce qui pourrait bloquer des chantiers pourtant bien engagés.
"Nous sommes écœurés par la situation."
Nous attendions la mise en œuvre du plan de finances 2026, notamment pour relancer la création de logements. Le statut du bailleur privé, porté par un député des Côtes-d’Armor (Mickaël Cosson, NDLR), devait être adopté rapidement. Les arbitrages étaient prêts. Mais avec ce nouveau changement de gouvernement, tout est à reprendre. En cinq ans, nous avons connu six ministres du Logement. Chaque fois, il faut repartir de zéro et réexpliquer des dossiers qui étaient pourtant finalisés.
Les difficultés liées au logement et à la rénovation semblent particulièrement accentuées. Quels blocages constatez-vous ?
Le logement est un vrai frein pour l’emploi. Nous manquons cruellement de logements pour accueillir des salariés et permettre aux jeunes de s’installer. Cela freine directement nos capacités de recrutement.
Sur la rénovation énergétique, la situation est tout aussi préoccupante. Pourtant, le dispositif MaPrimeRénov' a encore été réduit récemment, notamment pour l’isolation thermique. C’est déjà la seizième modification en quelques années. Les artisans n’y comprennent plus rien, les clients non plus, et l’instabilité des aides bloque les projets.
Malgré un chômage bas et une économie régionale qui va bien, nos entreprises restent fragilisées par ces crises à répétition. Elles font face à des tensions de trésorerie, peinent à recruter et beaucoup de chefs d’entreprise sont aujourd’hui découragés.
Dans ce climat, comment réagissent les entreprises du BTP breton et quelles sont vos attentes ?
Nous sommes comme des navigateurs : nous naviguons à vue. Les chefs d’entreprise doivent faire preuve d’une grande résilience pour maintenir à flot leurs entreprises. Mais nous espérons des décisions rapides, notamment sur le plan de finances, qui doit absolument être mis en place.
"Le logement est devenu une préoccupation majeure pour les Bretons."
Concernant les mouvements sociaux, je comprends la colère exprimée. Le logement est devenu une préoccupation majeure pour les Bretons. Beaucoup n’arrivent pas à se loger. Régler cette question permettrait aussi d’améliorer le cadre de vie. Mais il faut que nous puissions continuer à travailler et livrer les logements dont notre territoire a besoin de toute urgence.