«C'est une déflagration», avoue Daniel Sauvaget, P-dg de Tilly-Sabco, seul concurrent du groupe Doux sur la filière du poulet congelé destiné à l'export. Depuis le dépôt de bilan du groupe, les autres producteurs de volaille de la région s'inquiètent: si Doux chute, c'est tout l'écosystème de la filière avicole qui est menacé. «Ce sont des conséquences directes pour nous, observe Franck Le Tyrant, P-dg d'Arnal, une petite production de volaille basée au Faou.On est tous liés.» Il craint des faillites de fournisseurs ou transporteurs en cascade si le géant ne venait à faire faillite. «Nous avons tout à fait intérêt à ce que l'activité de Doux perdure», confirme Daniel Sauvaget. Corinne Nicole, déléguée CGT chez Tilly-Sabco, craint qu'une éventuelle chute de Doux n'attire «l'oeil de Bruxelles sur nous», évoquant à demi-mot le risque pour Tilly-Sabco de voir les aides européennes disparaître en cas de faillite de son principal concurrent. Doux et Tilly-Sabco sont en effet les deux derniers acteurs du poulet congelé destiné à l'export à profiter de ces "restitutions", prévues par la PAC. «S'il y avait des évolutions négatives, ce serait néfaste pour l'ensemble de la filière», ajoute pour sa part Dominique Ciccone, directeur général de Triskalia, la coopérative finistérienne, également productrice de volailles. Du coup, les repreneurs potentiels s'organisent. Le nom de Triskalia est régulièrement évoqué, comme celui de Terrena basé à Ancenis (44), qui claironne depuis 18 mois qu'avec toute sa trésorerie accumulée, elle pourrait se positionner sur de gros dossiers de rachat. Le géant LDC est également cité pour racheter les activités de Doux dans le frais.
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