Les comptes des collectivités à la loupe

Les comptes des collectivités à la loupe

En scrutant à la loupe les comptes des collectivités locales haut-normandes pour 2010, Dexia Crédit Local dresse un panorama qui tord le coup à certaines idées reçues. Premier enseignement, après un record en 2008 (dernière année du mandat municipal!) à près de 1,6milliard d'euros, l'investissement des collectivités avait chuté en 2009 à 1,4milliard. Pour 2010, il progresse de +0,9% à 1,45milliard d'euros, «très légèrement supérieur à la moyenne nationale en euro par habitant», note Dexia. Un résultat «inattendu» qui s'explique par le renforcement des capacités d'autofinancement de collectivités (+8%) qui sont parvenues à juguler l'augmentation des dépenses de fonctionnement tout en augmentant les recettes fiscales (+3,1%). Et ce malgré la disparition de la taxe professionnel dont la compensation relais «a fait bénéficier les collectivités d'un produit fiscal plus important que celui de la taxe professionnelle en 2009»! Autre exemple, les droits de mutations, qui progressent de +27% en 2010 après une chute de 29% un an plus tôt. Ils représentent jusqu'à 14% des recettes de fonctionnement des départements. A contrario, Dexia souligne une évolution «plus mesurée des taux d'imposition que la moyenne nationale». Côté dépenses, la banque note pour la deuxième année consécutive un ralentissement (+2% contre +7% par an sur la période 2003-2008). L'acteII de la décentralisation est passé par là et après les transferts de compétences et de personnels, l'heure est à la maîtrise des dépenses. Quant à l'endettement cumulé des collectivités, il ne représente que 8,5% du PIB régional (contre 87% pour l'État rapporté au PIB national)! En région, le stock de dette a augmenté en 2010 de +4,3% pour atteindre 4,3milliards d'euros.