« Les acteurs financiers ont beaucoup d'argent à prêter aux entreprises »

« Les acteurs financiers ont beaucoup d'argent à prêter aux entreprises »

Directeur de la clientèle Entreprises chez BNP Paribas, Denis Laplane évoque, sur la Radio des entreprises, la question du financement des entreprises, et notamment celui des start-ups. Il dresse un panorama des nouveaux modes de financement comme le crowdlending et le rôle des banques dans cette période de mutation du financement des entreprises.

Les banques ont-elles désormais un rôle central dans le financement des entreprises françaises ?
La banque est, et restera durablement, le moyen principal de financement des entreprises. La banque a aussi une position de conseil qui doit amener d’autres solutions comme la bourse, la désintermédiation auprès de grands investisseurs ou auprès des acteurs du crowdfunding.




Le conseil, c’est votre valeur ajoutée ?

Le conseil en financement, c’est bien comprendre le projet d’un dirigeant d’entreprises, comprendre ses aspirations et le business modèle de l’entreprise. C’est aussi trouver les modes de financements le plus adapté.




Les grandes banques s’intéressent au crowdfunding. Quelle place BNP Paribas compte y prendre ?

Nous avons ouvert 15 pôles innovations en France. Le dernier se trouve à Paris. Il est dédié à la fintech. Si une fintech est cliente de BNP Paribas, c’est qu’elle veut avoir des contacts, être challengé et avoir des portes qui s’ouvrent.




On dit que l’amorçage n’est pas forcément le métier des banquiers. C’est faux ?

Il y a 3 ans, nous avons initié une politique sur les start-ups et les sociétés innovantes. Les startupers ont besoin d’accompagnement au même titre que les chefs d’entreprises. Nous avons investi dans 11 fonds régionaux d’amorçage et 3 fonds nationaux sectoriels. Une première tranche de 15 millions d’euros d'investissement a été réalisée et sera renouvelée.




Mettez-vous en place certains outils qui permettent d’identifier et limiter les risques ?
Nous voulons que les entreprises réussissent. Il y aura quand même beaucoup d’échecs. Pour un startupeur qui démarre, la bonne façon de s’y prendre, c’est de bien faire valider son projet avec des tiers connaisseurs du secteur. Cela nécessite une vraie compétence de dirigeant d’entreprise pour être, entre autres, capable de lever des fonds propres.




On entend qu’il n’y a peut-être jamais eu autant de financements disponibles pour les entreprises. Les projets manquent-ils ?

Oui, il y a beaucoup, beaucoup d’argent à prêter. Il faut plus de projets.




Certains entrepreneurs se freinent-ils d’eux-mêmes à aller voir les banquiers en se disant que leur projet ne va pas passer ?
En effet. C’est pour ça que nous nous sommes engagés dans le plan « entrepreneurs 2016 ». Ce plan vise à développer notre attractivité et à pousser les entrepreneurs à aller plus loin. Nous consacrons une enveloppe de 10 milliards d’euros par an aux PME.