Leroux & Lotz Technologies compte sur les chaudières pour grandir. Installée au pied du pont de Cheviré à Nantes, sous une nef haute de 33 mètres, cette entreprise créée en 1946 a connu plusieurs vies - l'usine a ainsi fabriqué des équipements pour l'industrie pétrolière ou réalisé des travaux pour des chaufferies de sous-marins nucléaires - avant de se lancer dans la conception, la fabrication et l'installation de chaudières industrielles. Assurant le chauffage du hall d'assemblage de l'A380 à Toulouse ou des tours de la Défense, ces installations hautes de trente mètres sont commercialisées, via des intégrateurs, auprès de collectivités ou d'industriels. Elles représentent aujourd'hui les deux tiers du chiffre d'affaires de Leroux & Lotz Technologies, qui livre ces équipements dans toute l'Europe.
Objectif 100 millions
La bonne forme de cette activité a permis à l'entreprise de faire passer ses revenus de 30 millions d'euros en 2010 à 44 millions d'euros en 2013. Et la croissance devrait se poursuivre. Directeur de cette filiale du groupe industriel français Altawest (1.200 salariés), Pierre de Bergh table sur plus de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année et compte franchir le seuil des 100 millions d'euros d'ici cinq à dix ans. Pour cela, le Nantais veut développer ses exportations, un quart du chiffre d'affaires étant réalisé auprès d'une clientèle internationale. Il compte aussi sur de nouveaux produits. La mise en place, en 2016, d'une chaudière expérimentale sur le site nantais de Leroux & Lotz doit ainsi permettre à l'entreprise de tester ses innovations. « En plus de répondre à une partie de nos besoins de chaleur, cette chaudière pilote nous permettra d'analyser plus finement les systèmes de combustion, les choix de matériaux ou les systèmes de combustion », explique Marc Alessandri, responsable des achats et des services généraux de l'entreprise. Mais Leroux et Lotz ne mise pas uniquement sur les chaudières. Un tiers de l'activité émane aujourd'hui de la fabrication de machines spéciales et d'usines modulaires (bancs de test pour l'éolien, machines servant à fabriquer des pipelines sous-marins, etc.), livrées aux quatre coins du monde. L'entreprise compte aujourd'hui vendre, notamment en Afrique, de petites usines modulaires permettant de régénérer de l'huile de vidange usagée. Elle compte aussi commercialiser des systèmes de traitement des déchets organiques liquides dans les bateaux.
Délais de livraison
S'il veut doubler les revenus de l'entreprise, Pierre de Bergh ne compte pas agrandir la taille de l'usine d'un iota. « On doit pouvoir faire cent millions d'euros de chiffre d'affaires avec la même surface », indique le président de Leroux & Lotz Technologies. L'entreprise a planché ces derniers mois sur l'organisation de ses ateliers. Il s'agit notamment de réduire les temps de manutention de pièces pesant plusieurs dizaines de tonnes. À la clé, des gains de temps. « Il y a deux ans, un cycle de production d'une chaudière durait en moyenne 24 mois. Aujourd'hui, nous avons ramené ce cycle à 20 mois et nous voulons le réaliser en 18, dont à peine six en atelier », fixe Pierre de Bergh. Cette démarche doit permettre à Leroux & Lotz Technologies d'améliorer ses marges et de gagner de nouveaux marchés. « Les délais sont un vrai critère d'attribution de marché. Il nous est arrivé de perdre une affaire parce qu'un de nos concurrents était plus réactif », relate Pierre de Bergh. .
Leroux & Lotz
(Nantes) Président : Pierre de Bergh 180 salariés 44 M€ de CA en 2013 460.000 € de résultat net 02 40 95 96 97