Comme une bonne fée se penche sur le berceau d'un nouveau-né, Bruno Bonnell, multi-entrepreneur du numérique, fondateur de l'éditeur de jeux vidéo Infogrames et des sociétés robotiques Robopolis et Awabot, prend à titre personnel 15% du capital de Blue Frog Robotics, société conceptrice d’un robot de compagnie baptisé Buddy. Il devient dans le même tant président du conseil de surveillance de l'entreprise. Du haut de ses 60 cm, Buddy est un robot de compagnie qui sera commercialisé à Noël prochain au prix de 1 290 euros. Pour Bruno Bonnell, ses fonctionnalités et sa simplicité d’usage (jouer, apprendre, interagir mais aussi surveiller et assister au quotidien) le destinent à rencontrer le même succès que les consoles de jeux.
Ambition
« Le carnet de précommande enregistré via la plateforme de crowdfunding Indiegogo dépasse déjà 1 500 exemplaires » indique Rodolphe Hasselvander, P-dg et co-fondateur avec Franck de Visme de la société conceptrice de Buddy, Blue Frog. Entièrement élaboré et fabriqué sur le site breton d’Asteelflash, assembleur et intégrateur de systèmes électroniques, le robot domestique sera distribué pour les réseaux « classiques » que sont Fnac, Darty, Boulanger, Amazon… À propos du potentiel de Buddy, Bruno Bonnell est plus que confiant. « J’ai pour Buddy la foi et l'ambition qui étaient les miennes en 2007 lorsque j’ai lancé l’aspirateur Roomba, indique l’entrepreneur lyonnais. Nous en avons vendu 1 000 en 2007, 170 000 en France en 2016 », annonce-t-il. Ajoutant qu’à ses débuts sa société Robopolis avait l'objectif d’atteindre 9 millions d’euros de chiffre d’affaires en trois ans, « nous avons réalisé 45 millions », rappelle-t-il.
Perspectives en BtoC et BtoB
Buddy est un nouvel entrant parmi les robots de compagnie, dont le plus célèbre est Nao, qui a fait en 2014 une entrée remarquée sur Indiegogo atteignant un financement en crowdfunding de 1,3 million de dollars. Comme son concurrent, Buddy vise également des marchés professionnels dans les secteurs de la formation, de l'accueil, du handicap, de la domotique au travers de partenariats stratégiques. « Le produit est conçu pour s’adapter à des systèmes "populaires", Somfy, IBM, l’éditeur Nathan etc », indique le dirigeant lyonnais.
Son arrivée au sein de Blue Frog se fait dans le cadre d'une augmentation de capital de 10 millions d'euros (dont l’apport de Bruno Bonnell) dont le closing devrait être signé sous trois mois. Selon les dirigeants, le tour de table est déjà presque bouclé et un investisseur américain aurait déjà versé des fonds. Blue Frog Robotics, basé à Paris, ne réalise pas encore de chiffre d’affaires, et compte une vingtaine de collaborateurs.