Fondée en 1957 à Concarneau, la société Barillec a bien grandi. Cet installateur d’équipements électriques a forgé une solide expertise dans les activités de construction et de maintenance navales, aux côtés notamment du groupe Piriou dont elle a accompagné le développement durant plusieurs décennies. Ses activités ainsi que ses effectifs ont doublé sur les 5 dernières années pour atteindre 60 millions d’euros de chiffre d’affaires et 360 salariés. Un solide plan de charge fait par ailleurs envisager la création d’une cinquantaine de postes d’ici à 2026. Cette perspective nécessitait une importante réorganisation des sites de production jusqu’alors répartis entre les locaux historiques de la rue des Sardiniers et l’espace de la rive gauche du Moros rattaché en 2017 lors de la fusion avec la société Le Gall.
Vers une cession du siège historique
Couvrant 2 500 m2, le premier lieu, siège historique de l’entreprise, devrait être intégralement libéré d’ici la fin de l’année et cédé pour un usage encore incertain. Le deuxième site achève la réhabilitation de ses 1 700 m2 pour continuer d’abriter les activités d’intégration des systèmes électroniques de navigation et de communication, mais aussi maintenance et refonte des navires. Les autres spécialités et fonctions de l’entreprise vont être déployées sur deux nouveaux espaces. En cours de construction, un premier bâtiment d’environ 1 700 m2 (dont 700 m2 d’ateliers) sera disposé à la Boissière, à proximité de la RN 165 à partir de l’automne 2025. Il recevra 85 collaborateurs consacrés aux activités terrestres de Barillec, à travers deux entités distinctes : Barillec Sitel (électricité tertiaire) et Actemium Cornouaille (électricité industrielle, robotique, mécatronique et photovoltaïque).
Une stratégie à visée opérationnelle
Également en phase d’édification, un ensemble sur deux niveaux et 5 000 m2 (dont 3 000 m2 d’ateliers) implanté sur la zone du Poteau Vert, en entrée de ville, devrait être investi à partir du début de l’année 2026. Il accueillera quant à lui une centaine de collaborateurs, à travers plusieurs divisions de l’entité Actemium Marine, notamment la partie ingénierie. Mobilisant un investissement confidentiel, ce redéploiement représente un moindre mal pour les dirigeants de Barillec. "Du fait de la forte complémentarité des métiers que recouvre l’entreprise, nous espérions les regrouper en un seul et même endroit sur environ 10 000 m2 mais la réalité foncière de notre territoire ouvrait peu d’options ", avancent Matthieu Blanc, Grégoire Tricaud, Thierry Barbot et Nicolas David, chefs d’entreprise des principales branches d’activités de Barillec. "Notre stratégie d’implantation suit une logique strictement opérationnelle, sans réel objectif d’acquisition des murs. Notre ligne de conduite, c’est de pouvoir réserver nos investissements dans nos capacités d’intervention partout où nos clients réclament notre savoir-faire."
Actemium Marine, une marque motrice
Si Barillec a été rattaché dès 1984 et le décès de son fondateur au groupe Vinci Énergies (19,3 Md€ de CA, 2 000 entreprises et 97 000 collaborateurs), c’est seulement en 2024 que ses divisions à vocation navale ont été reconfigurées sous le pavillon de sa filiale Actemium Marine.
Forte d’un savoir-faire reconnu, cette marque rassemble 10 entreprises complémentaires au service de l’industrie maritime et fluviale, allant de Dieppe (Normandie) aux Sables d’Olonne (Pays de la Loire), en passant bien sûr par Concarneau. Sa vocation de projection à l’international est naturelle. "C’est difficile d’établir précisément notre degré d’engagement à l’export, mais il est crucial sachant que nous accompagnons plusieurs de nos clients sur de nombreuses mers du globe", assure Matthieu Blanc aux côtés de Grégoire Tricaud, tous deux responsables des principales entités d’Actemium Marine.
Les perspectives restent particulièrement encourageantes avec la défense et la transition énergétique comme principaux leviers de croissance. Dernièrement, Actemium Marine a été retenu par la DGA (Direction générale de l’Armée) pour équiper les 7 patrouilleurs hauturiers commandés pour la Marine nationale à un consortium industriel composé des chantiers Piriou, CMN et Socarenam. Et l’entreprise prévoit d’assurer le développement des pack photovoltaïques et batteries des cargos trimarans à voiles de 65 mètres de long dont l’armateur français Vela a lancé la construction d’un prototype aux Philippines après avoir levé 40 millions d’euros en 2024.