Certains abandons apparents peuvent vite se transformer en riposte tactique. Prenons Norbert Métairie, qui va devoir s'assoir sur 2,9millions d'euros. Soit la perte de recette occasionnée par le renoncement à un surplus décrié de Cotisation foncière des entreprises (CFE). Imposition qui flambe, chefs d'entreprise battant le pavé sous l'égide du collectif "Vaches à lait" et voici le président de Lorient Agglomération qui fait acte de contrition. Annonçant pour sa collectivité un retour aux barèmes de 2011. Et allant jusqu'à se substituer au contribuable afin de régler à l'État la différence. Mauvaise pioche alors que le budget de la Volvo Ocean Race affiche déjà un déficit de 600.000euros. Mais tel un judoka qui utilise la force d'inertie de son rival pour l'expédier hors du tatami, le maire de Lorient n'est-il pas en train de désigner à la vindicte patronale les instigateurs de la réforme de la taxe professionnelle ? Et au premier chef les ex-députés morbihannais de la majorité UMP ? Norbert Métairie nous confie que cette « réforme à la va vite a déjà coûté huit milliards d'euros à l'État et représente actuellement un manque à gagner de cinq milliards d'euros financés par la dette. À Lorient, la taxe professionnelle représentait 37millions d'euros en 2009, aujourd'hui le total CFE/CVAE ne rapporte plus que 26millions d'euros. » Décidément, même morte et enterrée, la taxe pro n'a pas fini de faire couler de l'encre. @email
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