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Le vendéen Seraap veut renforcer ses liens avec la Pologne
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Le vendéen Seraap veut renforcer ses liens avec la Pologne

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L’entreprise vendéenne conçoit, produit, et installe chez ses clients des machines et robots sur mesure. L’entreprise, qui compte déjà des sous-traitants en Pologne, notamment pour le sourcing de certaines pièces, compte renforcer ses liens avec le pays en y exportant ses machines innovantes.

Louis Menanteau (à gauche), et Jérémy Bénéteau, respectivement président et directeur général de Seraap, veulent commencer à exporter leurs machines vers le marché polonais — Photo : Benjamin Robert

De la Vendée à Varsovie pour de premières ventes à l’export. C’est sur ce trajet que mise l’entreprise vendéenne Seraap. Fondée en 1982 et basée à Chanverrie, l’entreprise conçoit, produit et installe chez ses clients des machines industrielles sur mesure, d’une unité à quelques exemplaires. Avec 16 salariés et 3 millions d’euros de chiffre d’affaires, elle s’attaque au marché polonais, alors que ses clients sont aujourd’hui en majeure partie dans l’Ouest en France. "Il y a d’autres entreprises dans le reste de la France. De son côté, la Pologne est sûrement le pays d’Europe où le besoin de robotisation et d’automatisation sera le plus fort dans les années à venir", explique Louis Menanteau, président de Seraap. Ce dernier a repris l’entreprise en 2009 avec Jérémy Bénéteau, directeur général de l’entreprise. Ils partagent ensemble 100 % du capital.

Un service de sourcing et de R & D

Il faut dire que Seraap connaît bien la Pologne, puisque Louis Menanteau y a passé 10 ans avec diverses expériences dans le commerce. L’entreprise y a aujourd’hui un pool de sous-traitants, fabricants de pièces métalliques, sur lesquels elle peut s’appuyer, notamment pour le sourcing de pièces spécifiques. "Les commandes de nos clients via ce service de sourcing concernent souvent des pièces qui ne sont pas produites en grande série, et dont la production n’est pas automatisée, par exemple des faisceaux électriques. Cela ne pénalise donc pas nos fournisseurs locaux", précise Louis Menanteau. Mais depuis le conflit ukrainien, le marché polonais s’est tendu, et Seraap ouvre également depuis peu son service de sourcing à la Tunisie et au Maroc.

"Le potentiel de croissance sur les années à venir se situe surtout sur nos branches sourcing et R & D."

L’entreprise possède également depuis une dizaine d’années une section R & D, afin de valoriser son savoir dans d’autres secteurs. Elle participe par exemple au projet Amatsumara, qui cherche à automatiser les étapes de soudure dans certains procédés. Ce projet repose sur un consortium regroupant Briand, Naval Group, ou encore l’Université de Nantes et l’IRT Jules Verne. "Nous jouons dans ce projet le rôle d’intégrateur. Robotiser ces étapes répond aussi au manque de main-d’œuvre : trouver des soudeurs est aujourd’hui très compliqué", appuie Jérémy Bénéteau. Seraap suit actuellement quatre projets de R & D en parallèle. Au total, le service sourcing et R & D pèse pour la moitié (1,5 M€) du chiffre d’affaires de Seraap, le reste étant issu directement de la vente de ses machines. "Nous avons vendu 16 robots innovants en 2024. Le potentiel de croissance sur les années à venir se situe surtout sur nos branches sourcing et R & D", analyse Louis Menanteau.

Une différenciation grâce au multisectoriel

Les machines de Seraap peuvent servir autant au milieu agricole, qu’à l’aéronautique, ou encore au médical et à la menuiserie. "En fonction des années, les secteurs porteurs varient énormément. Par exemple, les piscinistes ont eu beaucoup de commandes à la sortie de la crise sanitaire, et ont donc cherché à plus automatiser leur production", témoigne Jérémy Bénéteau. Cette carte multisectorielle permet d’avoir une vision d’ensemble des possibilités de la robotique, et d’adapter plus facilement une innovation à différents secteurs. "De plus, il y a eu un changement culturel global. Auparavant, les robots pouvaient être perçus comme détruisant des emplois, mais aujourd’hui ils assurent surtout de réduire la pénibilité au travail, et de libérer du temps aux salariés sur des tâches avec plus de valeur ajoutée", analyse Louis Menanteau. Et ce n’est pas en Pologne, où le coût de la main-d’œuvre et le niveau de vie augmentent, que le discours sera différent.

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