Sur les 250 franchisés que compte Bras Droit des Dirigeants (BDDD), ils ne sont que 18 en région Sud. Du moins, pour l’heure. Car le réseau créé en 2008 compte bien s’y étendre davantage. Notamment dans le Var, où il n’a aucun représentant à ce jour, ainsi que dans les Alpes-Maritimes, où évoluent, depuis peu, deux directeurs généraux et un directeur des ressources humaines, qui seront rejoints par deux autres personnes avant la fin de l’année. Une agence devrait ainsi voir le jour. "Nous recevons régulièrement des candidatures, mais nous n’avons pas de méthode agressive pour aller chercher les cadres", explique Bruno Doron, son fondateur, désormais implanté dans le Vaucluse.
10 ans d’expérience minimum
Et même si les candidats sont plus nombreux depuis le Covid, ne devient pas directeur à temps partagé qui veut. Pour proposer son expertise de directeur général, DRH, DAF, directeur commercial, RGPD, de la communication, des achats ou de la transition écologique, BDDD exige un minimum de dix années d’expérience. "Quelle que soit l’expertise, on a besoin de cadres qui soient capables à la fois d’intervenir dans une entreprise de 8 salariés et dans une autre de 400 salariés le lendemain", reprend Bruno Doron.
La bonne posture
Le candidat doit également suivre un parcours de sélection en sept étapes, qui s’étend jusqu’à quatre mois. "Il y a un point très important quant à la posture que l’on a avec les dirigeants d’entreprise", reprend le fondateur qui ajoute : "on fait systématiquement, partie du comité de direction de l’entreprise." "Une fois dans l’entreprise, il faut continuer à rassurer le dirigeant, précise Frédéric Serres, DRH externalisé depuis 2017, d’abord à Paris et désormais à Nice. Ce n’est jamais simple pour un dirigeant de faire venir quelqu’un d’extérieur et de se livrer. Il faut qu’il y ait de la confiance."
Savoir faire le grand écart
Des compétences donc, mais aussi une personnalité qui correspond au modèle : il faut être polyvalent, faire preuve d’adaptabilité pour faire chaque jour ce grand écart. "J’accompagne une entreprise familiale dans le génie climatique et je suis sur le point de signer une mission pour accompagner une start-up qui fait 400 000 euros de chiffre d’affaires et qui vise 5 millions d’euros dans 3 ans. Donc on n’est pas du tout dans la même vision d’entreprise, de croissance, raconte Sébastien Cardenia, directeur général franchisé qui s’est lancé dans le modèle après plus de vingt ans de métier.
Des objectifs opérationnels
Il s’agit donc aussi d’adapter son discours, de moduler son approche, de jongler. Mais la démarche demeure la même : la mission ne relève pas du conseil, les cadres externalisés se défendent d’être des consultants. "On n’est pas jugé ni sur notre cv ni sur ce qu’on a fait avant, mais sur les résultats que l’on apporte dans l’entreprise, car on intervient sur des objectifs opérationnels précis", souligne le fondateur.
Des TPE aux ETI
Bras Droit des Dirigeants (CA : 18 M€) est né pour adresser les TPE et les petites PME qui n’auraient pas les moyens de payer des cadres à temps plein. Mais depuis le Covid, de plus grandes entreprises (désormais 55 %), jusqu’à des ETI, adoptent le modèle. "Dans une entreprise qui grossit, pouvoir faire appel à des cadres qui n’ont pas fait une carrière complète dans la société amène de nouveaux angles de vision et aussi une neutralité, analyse Sébastien Cardenia. On ne va pas défendre un poste ou un service plutôt qu’un autre. Peu importe que la mission dure 3 mois, 1 an ou 2, on arrive avec cette neutralité, sans objectif de carrière." Les missions des cadres de BDDD dans une entreprise durent en moyenne trois ans.