Les PDG d’Orange, Telefonica, Deutch Telecom et Vodafone se sont réunis virtuellement fin janvier 2022 pour une liaison vidéo avec… Lannion. C’est en effet sur le site d’Orange situé dans la cité costarmoricaine que s’est déroulée une expérimentation sur ce que pourrait être le réseau 5G de demain.
Baptisé Pikeo, ce réseau 5G présente la caractéristique de ne pas s’appuyer sur un réseau 4G existant. "C’est un réseau autonome, SA pour Stand Alone", précise Philippe Hémon, responsable d’équipe et chef du projet Pikeo. "Il est l’un des six projets phare du groupe Orange." L’expérimentation, dont une partie a également impliqué des équipes en Roumanie et en Pologne, a mobilisé une trentaine de salariés sur le site lannionnais depuis l’automne 2021 jusqu’au 19 janvier 2022. 50 utilisateurs en interne ont reçu des téléphones dotés de technologies non encore commercialisées et l’ont utilisé.
Google partie prenante
Ce réseau présente plusieurs caractéristiques. Il est d’abord virtuel, situé dans le Cloud. Il est ensuite automatisé, ce qui lui permet d’établir son propre diagnostic en cas de mauvais fonctionnement puis de s’auto-réparer, et de s’adapter à la ressource. Il fait appel à l’intelligence artificielle, une partie développée avec Google. Enfin, il est "multivendeurs", c’est-à-dire qu’il a fonctionné avec des solutions Cloud développées par trois partenaires : Mavenir, Casa Systems et Hewlett Packard Enterprise.
Les avantages du réseau Pikeo sont multiples : son déploiement a nécessité vingt fois moins de temps qu’un réseau classique. Sa résilience, son agilité et son adaptabilité par rapport aux demandes ont été salués, notamment par les utilisateurs internes, dont le taux de satisfaction a atteint les 73 %. Ce réseau SA permet également des économies en termes d’empreinte carbone qui seraient sensibles. Cependant, le télétravail n’a pas permis de récolter autant de données qu’espéré, les utilisateurs devant être présents sur le site de Lannion pour utiliser Pikeo.
Disparition des câbles
Après un premier bilan, l’expérimentation se poursuivra à plus grande échelle à partir du mois de mars jusqu’à la fin 2022, toujours à Lannion mais également sur le site Orange de Châtillon, en Banlieue parisienne. "Cette deuxième phase va grossir les données recueillies et permettre notamment de mesurer l’apport de l’intelligence artificielle", confie Philippe Hémon.
Ses applications pourraient se situer dans les usines très automatisées comme celles du secteur automobile, où il permettrait une grande réactivité et adaptabilité des chaînes connectées mais où il pourrait également permettre de se passer de câbles. Dans le domaine du grand public, il pourrait se déployer à moindre coût sur les zones blanches, puisqu’il n’a pas besoin d’un réseau 4G préalable.